‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 43 sur 116 · II · texte numérisé non relu

II

226 TR ANÉTÉ laire, suivant les observations de Grant, qui ont été rapportées ci-dessus (1).

De plus , il est essentiel d'observer que dans le traitement:des maladies aiguës , aux- . quelles le principe goutteux donne sensiblement une nature maligne, ou promptement délétère , lors même qu'il n’y a point eu de rétrocession d'un Goutte qui occupât les parties voisines des articulations , lindication d'attirer et de fixer la Gouite aux extrémités est souvent si dominante ,. que si, après avoir fait précéder les évacuations nécessaires , l'on ne réussit point à la remplir, c'est vainement qu’on emploie les remèdes qui sont d’ailleurs les mieux indiqués par la nature et les symptômes de la maladie aigué. |

C'est ainsi, par exemple , que dans une fièvre rémittente et putride générale qui survient à une Goutte vague , habituelle et invétérée , lorsqu'on ne peut assez allirer et fixer la Goutte aux extrémités , quoiqu'on n'ait point négligé les évacuations qui étoient indiquées , le quinquina ne peut empêcher la terminaison funeste de la maladie ; quelque

(1) Dans ce ivre , n.° xl.

approprié qu'il puisse être d’ailleurs dans cette espèce de fièvre. ( |

L'efficacité qu'a ce remède contre la gan- “grène , ne peut dans ce cas-ci prévenir les stases gangréneuses qui se forment sourde:

ment dans les viscères , sans qu'il yait précédé d’inflammation manifeste. |

Il est des cas nombreux où les indications de la maladie compliquée, et celles de l’état goutteux du viscère affecté, nécessitent des remèdes majeurs qui seroient contraires à l'indication de porter la Goutte aux articulations , si cette indication existoit seule , OÙ si elle. étoit toujours dominante , comme on le suppose communément.

C’est ce que je vais prouver en détail par rapport à la saignée , et aux vésicatoires appliqués à l'endroit du viscère affecté par la Goutte. |

On a trop négligé ou mal déterminé lemploi de .ces puissans remèdes dans beaucoup de cas de la Goutte interne, faute d’avoir bien considéré leurs effets relatifs aux différentes indications que présente cette Goutte.

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Clifton Wintringham a remarqué que les médecins conseillent généralement ( d’après Musgrave ) dans la Goutte qui se porte sur les différens viscères, de donner des spiritueux , des aromatiques et des échauffans alexipharmaques , dans la vue de pousser la matière morbifique aux extrémités ; mais que ces remèdes ne conviennent que dans les cas où cette Goutte interne est produite par l’affoiblissement des malades goutteux, et non lorsque la Goutte est portée sur les viscères par la violence de la fièvre qui survient à ces goulteux.

Il dit avec raison que lorsque cette fièvre se marque par la dureté du pouls , par la douleur et la chaleur fortes , la soif , etc. , la saignée est tres-bien placée, malgré le préjugé qui la fait différer, au point que la partie affectée est enfin prise d’une inflammation proprement mortelle. Il pense que l'extrême foiblesse peut seule empêcher qu'on ne tire du sang ; en ayant égard au tempérament , à l’âge et aux forces du malade.

11 ajoute que quand il y a grande douleur de tête ou de poitrine, stupeur , difficulté de respirer, il faut pratiquer et répéter au besoin la saignée , même dans des malades

DES MALADIES GOUTTEUSES. 229 qui paroissent foibles pour prévenir une inflammation pernicieuse. |

Il dit encore fort bien qu'il faut saigner promptement et abondamment des hommes jeunes, ou d'un âge moyen, qui sont pléthoriques , et chez qui un excès d’intempérance ou d’autres qauses violentes ont produit brusquement un accès violent de Goutte , soit aux pieds , soit sur le cerveau , sur Ja plèvre , ou sur l'estomac.

Wintringham assure avoir toujours vu dans ces cas la saignée suivie d’une attaque de Goutte articulaire, dont la marche étoit plus régulière, et dont les suites étoient beaucoup moins dangereuses que celles des attaques précédentes.

On voit de même quil est plusicurs au-

tres affections de Goutte interne , où la sai- gnée est décidément indiquée par la nature de la maladie dominante , comme lorsque ces affections sont inflammatoires , hémorrhagiques , apoplectiques , etc., dans des sujets assez robustes , qui ont une pléthore vraie ou relative.

Or , dans tous ces cas , ainsi que dans celui qui a été indiqué par Wintringham , on ne peut nier que la saignée considérée en elle-

même, ne fût contraire en général à lindication de pousser la Goutte aux éxtrémités , et par conséquent qu'elle ne füt pernicieuse si cette indication étoit dominante.

Les vésicatoires placés à l'endroit du visotre affecté de la Goutte , peuvent être fort bien indiqués par la nature , ou le genre propre de la maladie qui a déterminé la Goutte sur ce viscere.

Ils ue être encore fortement indiqués , à raison de leur efficacité pour résoudre et dissiper l'état goutteux qui subsiste opiniâtrément et dangereusement dans ce viscère.

Cependant cette application des vésicatoires est contre-indiquée , en ce qu'elle s'oppose à l'attraction de la Goutte vers les articulations. |

Cullen n'a parlé que d’une manière extrémement douteuse (1) de l'utilité des vésicatoires appliqués à la poitrine , dans l'asthme

(1) Livre cité, n.° 581, 582.

DES MALADIES GOUTTEUSES. 231 causé par la Goutte rétrograde , ét à la tête , dans les affections paralytiqués qui ont la même cause.

Mais l'application locale d’un vésicatoire à l'endroit d’une partie interne affectée de Goutte, me paroît être toujours bien indiquée, lorsqu'on a lieu de penser qu'il opérera une dérivation efficace de la Goutte qui occupe cette partie. Les circonstances où l’on est le plus fondé à espérer cette dérivation , sont , lorsque cette Goutte interne s'étend encore d'une manière vague, lorsqu'elle a été déjà sensiblement résoute en très-grande partie par l'effet des remèdes évacuans et autres : enfin , lorsque la fluxion de l’humeur goutteuse vers les articulations paroït être bien déterminée.

Dans les Chapitres suivans j'exposcrai les traitemens convenables aux différentes espèces de la Goutte interne consécutive de la Goutte des articulations , tant celles qui sont simples que celles qui sont compliquées avec des maladies de divers genres.

On y verra de nombreuses applications des principes que jai établis dans ce Chapitre , et l'on reconnoîtra quelle est la multiplicité des vues qui sont relatives aux in-

232 TRAITÉ dications à combiner dans ces différentes maladies. | Il sera aisé d'en conclure combien sont.

imparfaits et dangereux ( ainsi qu'ont paru le sentir Cullen et d’autres praticiens }) la plupart des préceptes qui ont été donnés jusqu'à ce jour, sur le traitement des diverses espèces de la Goutte interne , simple ou compliquée.

Je ne parlerai que de celles de ces espèces

qui se présentent le plus communément - dans la pratique.

Je traiterai successivement des affections que cette Goutte produit dans l'estomac et les intestins, dans les voies urinaires et dans les organes de la génération ; dans le poumon, dans les parties internes de la gorge et dans le cerveau et les nerfs.

DES MALADIES GOUTTEUSES. 233 om CHAPITRE LIL

De la Goutte consécutive de celle des articulations , qui a son siége dans L’estomac elles intestins.

MYXEE

lion et les intestins sont les viscères sur lesquels se portent le plus fréquemment la Goutte interne consécutive de celle des articulations. |

On a vu ci-dessus ( dans l’histoire de la Goutte ) que ces organes de la première digestion sont principalement intéressés dans le concours général d’affections des divers organes , qui précède et produit la formation des attaques de la Goutte aux articulations.

L'estomac et les intestins sont , après les parties attenantes aux articulations , les organes qui ont le plus de dispositions à recevoir les produits excrémentitiels de la iranspiration viciée , et par conséquent ceux

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