‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 53 sur 116 · XL VITE · texte numérisé non relu

XL VITE

/ Il faut s'abstenir dans la Goutte de l’estomac et des intestins, avec irritation dominante, des remèdes échauffans , cordiaux et carminatifs, qui sont généralement indiqués dans la Goutte de l'estomac et des intestins avec excès de langueur manifeste.

Ces remèdes, en augmentant la chaleur et le mouvement du sang, peuvent, dans l’état de forte irritation , déterminer la Goutte à se porter sur le cerveau et sur d'autres viscères. :

C'est ainsi qu'est arrivé ce que Van Zelst dit avoir vu, que chez des goutteux qui qui avoient des douleurs de colique, un breuvage mêlé de bière et d’ancien vin du Rhin, étant donné sans précaution, avoit causé souvent l’apoplexie ou la mort.

Une irritation dominante, qui a lieu dans la Goutte de l'estomac et des intestins, doit toujours modifier le choix et l'administration des diaphorétiques, et des autres remèdes qui peuvent y être indiqués d’ailleurs.

Les vésicatoires appliqués sur l'épigastre, ou à l'endroit de Ja partie Ja plus souffrante

des intestins affectés de Goutte, peuvent être employés lorsque l'irritation est déjà afloiblie, comme étant des résolutifs énergiques , pourvu toutefois que leur application ne soit pas contre-indiquée par une complication d'affection bilieuse.

Lorsque dans la Goutte de l'estomac et des intestins avec irritation dominante il se forme un état inflammatoire de ces viscéres, il faut recourir avant tout aux évacuations de sang , et ensuite aux autres remèdes qu'indique cette inflammation. |

Musgrave et M. Tronchin ont dit que dans la colique arthritique, il faut, lorsqu'on juge nécessaire de prévenir l’inflammation phlegmoneuse, commencer par faire une saignée ; mais que cette saignée doit être d’ailleurs assez modérée, de crainte d'ôter les forces nécessaires pour l'expulsion de la Goutte aux extrémités. |

Il faut donc alors ordonner la saignée , et si on préjuge qu'on n'en doit faire qu'une, on préférera la saignée du pied, que M. Desault conseille trop généralement dans les Cas où l'estomac est attaqué par la Goutte.

Fa66, TRANUXTÉ

Lorsqu'une véritable inflammation de l’estomac ou des intestins goutteux subsiste à un haut degré (et la petitesse du pouls ne doit pas empêcher de la reconnoître), ïl peut être nécessaire de répétér la saignée, surtout si la pléthore l'indique, et toujours pourvu que l'état des forces le permette.

Sans doute on observe rarement dans la colique arthritique, une véritable inflammation des intestins ; mais on peut y craindre souvent, d'après la nature même de la Goutte, que la fièyre namène des engorgemens sanguins dans ces viscères ; et c'est dans la vue de les prévenir qu'il est souvent nécessaire de tirer du sang.

Si la répétition de la saignée est conireindiquée par l'état des forces, on peut la remplacer par l'application des sangsues au

fondement, ou à l'endroit des parties du

bas-ventre qui sont les plus souffrantes.

Après les évacuations de sang, il faut opposer aux progrès de l'inflammation un régime et des remèdes anti-phlogistiques , dont le plus approprié sans doute dans ces

cas, est le camphre joint au nitre, \

Quand linflammation est calmée, il est en général avantageux d'exciter la transpiration universelle , par des juleps et des boissons modérément diaphorétiques.

Lorsque la saignée et les autres remèdes ont abattu en grande partie l'inflammation goutteuse des intestins, un moyen convenable pour achever de la résoudre , est souvent l'application d'un vésicatoire sur le bas-ventre.

Stoll dit que ce remède a très-promptement un bon effet dans la colique causée par une matière rhumatique , mais il prétend qu'il seroit nuisible dans la vraie inflammation des intestins. Cette assertion est trop générale. Cependant , il est vrai que l'application des vésicatoires à l'endroit des organes affectés d'une véritable inflammation , et spécialement sur le bas-ventre , est restreinte par de nombreuses exceptions.

L'application des vésicatoires sur l’épigastre et sur le bas-ventre, est généralement contre-indiquée dans la colique arthritique , si cette colique est compliquée d'affection bilieuse. Car dans ce cas, il y a une tendance singulière de la Goutte vers la tête. C’est pourquoi l'on doit craindre

que l'impression du vésicatoire appliqué au bas-ventre, ne détermine le transport de la Goutte sur le cerveau , qui est d’ailleurs ( suivant les observations de Baglivi ) l’organe que les cantharides affectent le plus généralement , après les voies urinaires.

J'appuie ce précepte de l'observation suivante de Bonet. À la suite d’une colique arthritique, pour laquelle on avoit appliqué un vésicatoire , un homme fut pris d’une insomnie , qu'aucun remède ne put vaincre, et dont il mourut. Quoique son vésicatoire eût toujours fait rendre des sérosités abondantes , on lui trouva un épanchement d'eau limpide qui remplissoit tous les ventricules du cerveau.

Les demi-bains d’eau tiède peuvent être dun grand secours dans la colique goutteuse. Mais ils ne doivent y être employés que dans des temps assez avancés de cette maladie, et lorsqu'on a fait précéder les évacuations nécessaires. Sans ces conditions , ces bains peuvent y être pernicieux , par le mouvement général et vague qu'ils donnent aux humeurs goutteuses.

En observant ces conditions, on trouve que Mercatus a dit trop généralement que les bains tièdes sont nuisibles dans les coliques de ceux qui sont sujets à la Goutte, de même que dans les coliques de ceux qui sont disposés aux affections convulsives et paralytiques.

Ces observations de Morentte peuvent se lier d’ailleurs avec celles qu'a faites Kréd. Hoffmann , que si dans les coliques vives on emploie les bains ( ainsi que les sudorifiques } avant que d’avoir rendu le ventre libre ; ils peuvent aggraver sensiblement la maladie, et causer souvent la paralysie, et des convulsions épileptiques.

On pourroit encore rapporter ici une observation analogue de Duret, qui a dit (1) que dans les coliques causées par une congestion soudaine des humeurs ( à repentinà collectione materiæ ), les lavemens carminatifs disséminent la matière, et causent une affection paralytique.

Après avoir satisfait par les remèdes précédens , et autres analogues à l'indication

(a) Sur la Pratique d’Houllier , L 1 » & qi

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