‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 67 sur 116 · CHAPITRE I V · texte numérisé non relu

CHAPITRE I V

De da Goutte consécutive de celle des articulations, qui a son siège dans des voies urinaires , et dans les organes &e la génération.

Goutte dans les reins.

L faut distinguer les douleurs que produit la Goutte dans les reins, de celles que cause la Goutte qui occupe le périoste des vertebres lombaires. Celles-ci constituent le {wmbago arthritique, dont j'ai fait mention cidessus (1).

J'ai vu plusieurs fois la Goutte qui s'étoit portée sur l'estomac et les intestins, se propager sur les reins, et produire dans les lombes une pesanteur constante , même avec une enflure, qui augmentoit sensiblement lorsque les organes de la digestion souffroient davantage, ce qui étoit enfin suivi d'attaques formelles de néphrétique.

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(1) Livre n, n.° xxur.

Musgrave n'a considéré les douleurs arthritiques des reins, qu’'autant qu'elles y sont causées par un calcul. Il est certain que ce calcul survient à la Goutte plus souvent qu’à aucune autre maladie, et il paroît que la Goutte ne peut rester long-temps fixée dans les reins, sans produire cette concrétion.

M. de Sauvages dit que ce calcul est chez les goutteux, un tuf friable et crétacé , qui cède plus aisément aux dissolvans que les autres calculs des voies urinaires. Il assure que les eaux de Bagnères sont particulièrement utiles pour résoudre ce calcul.

La matière goutteuse qui forme des tufs dans les articulations et les parties voisines, a sans doute une grande analogie avec celle qui forme le calcul des voies urinaires. Cette opinion est appuyée sur des faits nombreux, où l’on a vu survenir à la Goutte, la formation de calculs dans différens viscères, mais particulièrement dans les organes destinés à la sécrétion de l'urine. Ces faits ont été re-

cueillis par M. Murray (1).

(1) Diss. de cognatione inter arthritidem et cat-

Culum ; Opusçulor. 1. 1, p. 199-200.

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état des reins affectés de Gouite peut être ou nêtre pas inflammatoire, et cependant l’inflammation y est toujours à redouter. Home rapporte que dans une ischurie rénale qu'il jugea causée par une Goutte anomale ( à la suite de laquelle on trouva de l'eau épanchée dans presque toutes les cavités ), lorsqu'on tira du sang au malade, ce sang fut toujours inflammatoire.

Le spasme des vaisseaux sécrétoires de l'urine, lorsqu'il est joint à l’état goutteux des reins, produit des affections sympathiques funestes du genre nerveux , même dans des cas où le cours des urines n'est point arrêté, quoiqu'il puisse y avoir d'ailleurs des concrétions calculeuses formées dans les reins.

On en peut avoir un exemple très-remarquable dans Morgagni (1), qui observe trèsbien, qu'il arrive souvent qu'aux affections calculeuses des reins qu'a causées la Goutte des articulations, succèdent des maladies très-graves du cerveau.

(1) Epist. Anat. Med. xt, n.° 5.

Les méthodes analytiques du traitement de la Goutte aux reins, doivent être formées suivant les rapports de dominance et d'urgence respectives qu'ont entr'elles les diftérentes indications des élémens de cette maladie.

Ces élémens sont les différentes espèces de cette Goutte interne, la Goutte des articulations avec laquelle elle peut être combinée , et les autres affections graves des reins, surtout l’inflammation ou le calcul, qui peuvent se compliquer avec leur état goutteux.

Musgrave dit que dans la douleur arthritique des reins, la saignée, quelque utile qu'elle puisse être d’ailleurs dans la néphrétiquée non compliquée de Goutte, pourroit attirer la Goutte de plus en plus à l'intérieur, ou l'empêcher de se porter au-dehors.

En effet il paroît qu'en général la saignée qui débilite, et qui altère toujours en quelque degré la distribution habituelle des forces du système , fait que la nature a moins de facilité et de constance pour affecter les mouvemens mieux ordonnés qui peuvent

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fixer la Goutte dans les articulations, et qu’elle est d'autant plus susceptible des mouvemens irréguliers que lui imprime l'affection quelconque des reins qui y attire la Goutte.

Cependant je crois qu’on doit modifier cette assertion trop générale de Musgrave.

Un état inflammatoire des reins peut étre produit par la Goutte, soit.que la Goutte existe ou non en même temps dans les articulations. Lorsqu’elles en sont alors affectées, la saignée est beaucoup plus contre-indiquée que si elles ne l’étoient pas. Mais cette contre-indication n'est pas absolue , et elle peut souvent être levée en faisant au pied la saignée qu'indique la pléthore ou une inflammation violente.

Quand la saignée ne peut convenir, ou quand elle a précédé, ‘il est souvent salutaire de tirer du sang par le moyen des sangsues qu'on applique à l'endroit des reins, et selon le trajet des uretères, si la douleur se fait sentir dans cette direction. Le camphre joint au nitre, et les autres anti-phlogistiques, sont généralement bien placés dans cet état inflammatoire.

Dans la douleur des reins arthritique, sil

DES MALADIES GOGUTTEUSES. 317

ya en même temps des douleurs de Goutte aux articulations, Musgrave dit avec raison que les cataplasmes et autres topiques émolliens appliqués sur la région des reins, seroient d’un usage dangereux.

Dans les fortes attaques de la Goutte aux reins, on doit appliquer des topiques attractifs appropriés, à l'endroit des articulations goutteuses des extrémités. IL faut employer ces topiques dès les premiers temps, pour retenir la Gouite dans ces articulations lorsqu’elle y est présente, et dans les temps plus avancés , lorsqu'il n’y a point en même temps de Goutte aux articulations.

Musgrave ne conseille, dans le cas où la Goutte affecte à la fois les reins et les articulations, d’autres remèdes que les narcotiques, lorsqu'ils sont indiqués par la violence de la douleur. Il observe qu'ils doivent être donnés dans tous les cas avec une telle modération, qu'ils calment les douleurs, sans pouvoir affecter le cerveau et y porter la Goutte.

Lorsque la Goutte, qui produit la douleur des reins, n’affecte point en même temps les articulations , des minoratifs sont souvent utiles ( comme l’a dit Musgrave }, surtout

s’il y a un calcul des reins. L'on doit donner des narcotiques à leur suite, ou même quelques heures auparavant, lorsqu'on a lieu de craindre que ces purgatifs n’excitent des affections spasmodiques dans les intestins.

LEXPXUN LE

Musgrave recommande beaucoup dans le calcul des reins qui s'y joint à la Goutte, l'usage de la térébenthine, du baume du Pérou, et des autres baumes naturels. Mais ces remèdes me paroissent être alors beaucoup trop échauffans. FAT:

Ces baumes peuvent être utiles, étant administrés avec art, pour prévenir la formation du calcul, dans la douleur des reins arthritique, lorsqu'il n’y a point d'état inflammatoire. Îls agissent alors par leur vertu tonique et par leur vertu diurétique, spécifique que Cullen a particulièrement fait connoitre.

Dans l’état chronique de la Goutte aux reins, des diurétiques appropriés, et non trop actifs, sont indiqués pour prévenir les retours des attaques plus fortes de cette Goutte. Ils sont surtout bien placés, lorsque les urines charrient. beaucoup de sédi-

ment bourbeux, sans quil y ait pourtant d'attaque de néphrétique imminente.

Entre ces diurétiques qu'il faut choisir dans les divers cas, et dont il faut modérer les doses, relativement à leur activité, sont la gomme de gaïac, l'extrait des baies de genièvre, les baumes naturels, les plantes diurétiques balsamiques , telles que le millepertuis, la verge dorée, etc. La racine de pareira-brava est peut-être plus appropriée que tout autre diurétique, dans la Goutte interne qui a porté sur les voies urinaires.

Pendant l'usage de ces diurétiques, il faut toujours avoir soin de tenir le ventre libre, et cet usage doit être combiné avec celui des boissons adoucissantes, comme sont le petit-

Jait, l’infusion de graines de lin, etc.

Musgrave a fort bien conseillé de donner des narcotiques joints aux diurétiques, lorsque le cours des urines est rendu difficile par une affection spasmodique des canaux sécrétoires de l'urine. |

Hémorrhagie utérine causée par la Gouite.

La Goutte qui se porte à la matrice, peut

(47 * ? | 1 ‘déterminer ou aggraver une hémorrhagie

de ce viscére. Cette hémorragie peut être, quoique rarement, salutaire jusqu’à un certain point; mais même alors elle devient facilement symptomatique et nuisible.

La méthode du traitement doit embrasser les indications relatives, et à l'affection de spasme ou d’atonie qui peut dominer dans l'hémorrhagie utérine, et à l’état goutteux de la matrice, qui constitue cette espèce par- : ticulière de cette hémorrhagie.

Quand l'affection spasmodique est dominante dans l’hémorrhagie utérine goutteuse, cette perte est communément assez abondante pour dissiper la pléthore, et pour remédier à l’état inflammatoire de la matrice, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de recourir à la saignée. Dans les cas très-rares ou elle peut être indiquée, si on préjuge quil ne faudra saigner qu'une fois, on doit préférer. la saignée du pied.

Cet état spasmodique violent indique généralement un régime et des remèdes antiphlogistiques, ainsi que des adoucissans et des incrassans, comme sont les émulsions avec la gomme arabique, etc.

L'opium ( quon peut faire prendre dans des lavemens } est alors très-bien indiqué

pour les douleurs que cause le spasme de la matrice, et surtout lorsque les renouvellemens de ces douleurs sont liés avec des augmentations de l’hémorrhagie. |

Quand l’atonie est sensiblement très-grave dans l’état de l'hémorrhagie utérine goutteuse, les fortifians sont indiqués, et l’on doit préférer ceux qui appartiennent à la classe des astringens ( comme est le safran de mars }, quand il n’y a point de fièvre ni de chaleur considérable.

La violence de l'hémorrhagie peut rendre

nécessaire de recourir à l'application sur

l'hypogastre et les parties voisines, de linges chargés d’une dissolution aqueuse de vitriol de mars; et de faire des injections dans la matrice, d’une décoction semi-vineuse de menthe, de roses rouges, et de balaustes, etc.

L’affection goutteuse des fibres de la matrice indique des remèdes anti-goutteux, tels que ceux qui ont été marqués ci-dessus, comme la décoction de quassia. Entre ces remèdes on doit souvent préférer ceux qui sont en même temps anti-hystériques , comme sont le camphre et le musc, administrés et modifiés de telle sorte qu'ils ne produisent point d'effet échauffant.

Il. | 21

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Stoll conseille dans l’hémorrhagie goutteuse de la matrice des fomentations avec l'eau à la glace sur la région du pubis, et des injections d'eau froide dans la- matrice.

Mais ces topiques qui sont en général offensifs pour les organes nerveux, et qui peuvent rechasser la Goutte sur d’autres viscères, sont toujours d'un effet équivoque; et ils doivent être réservés pour un état de

danger extrême.

J'ai dit ci-dessus (1) que les applications d’eau très-froide ne sont placées que dans l'espèce de Goutte interne qui est avec foiblesse dominante , et ne peuvent même alors être employées avec sécurité, que lorsque le. mouvement de la Goutte vers les articulations se trouve être assez fortement déterminé.

Lorsqu'on à insisté convenablement sur l'usage des remèdes qui conviennent à l’hémorrhagie utérine goutteuse, on doit employer le plutôt possible les topiques relàchans ou épispastiques qui peuvent attirer

(1) N.° xum et xuv de ce livre.

la Goutte sur les articulations qui en étoient auparavant affectées, ou l'y fixer si elle les occupe en même temps.

Les détails que je viens de donner sur le traitement de l'hémorrhagie goutteuse de la matrice suffisent pour qu'il soit facile de diriger le traitement analogue du flux hémorrhoïdal avec une affection goutteusé de lintestin rectum, flux que l’on a vu assez fréquemment alterner avec la Goutte des articulations.

Stoll a observé que ce flux produit souvent une évacuation critique de la matière goutteuse, mais qu'il peut se prolonger de manière qu'il est suivi d'une fistule à l'anus qui devient gangréneuse. Il dit aussi que ce flux amène la dissolution du sang, si on ne rappelle la Goutte aux extrémités, ou si on ne résout l'humeur goutteuse par un usage convenable des anti-arthritiques.

Stoll demande si dans ces cas, on ne pourroit point appliquer un vésicatoire à l'os Sacrum, pour attirer au-dehors l'humeur goutteuse, Mais je pense qu'il est en général dangereux d'appliquer des cantharides

très-près des organes urinaires, el qu'elles pourroient souvent dans ces cas déterminer une fixation pernicieuse de la Goutte sur la vessie. L'application renouvelée d'un liniment volatil huileux à l'endroit du sacrum, n'auroit pas le même inconyénient.

Fleurs blanches et Gonorrhée causées par da Goutte. |

Des hommes habituellement gouiteux , surtout lorsqu'ils sont dans un âge avancé, sont parfois sujets à des gonorrhées dont la nature est purement arthritique. Whytt a vu une semblable gonorrhée se renouveler fréquemment chez la même personne (1).

(1) Kæmpf( 44handlung von einer neuen Methode, die harinacfcigsten franfcheiten, die ihren sùûtz èn unterteibe haben, sicher und grundtich zu heilen ; 2.*édit., p. 540.) rapporte unehistoire qui lui a été communiquée par Thilénius, d’un homme qui avoit tous les deux ou trois ans une attaque de Goutte très-complète , qui commencoit toujours par un flux de l’urètre, semblable à une chaude-pisse, dont la matière en séchant prenoit la forme d’une substance crayeuse fort aiténuée.

Des femmes sujettes à la Goutte, et avancées en âge, ont aussi quelquefois des fleurs blanches de nature goutteuse. |

Ces flux arthritiques ressemblent aux fleurs blanches et aux gonorrhées de nature vénérienne, à tel point qu'on ne peut communément les distinguer par leurs symptômes. |

Ainsi Stoll a observé que les fleurs blanches arthritiques sont accompagnées de douleurs dans les membres, qui deviennent plus fortes la nuit, et que l'écoulement en est de couleur verte dès les premiers temps, de même que dans les fleurs blanches vénériennes. Cependant d’autres fois ‘cet écoulement est séreux, et semblable à du petit-lait trouble. re

On ne peut être éclairé sur la nature de ces flux qu'autant qu'on est instruit, ou que le malade à eu des maux goutteux, ou qu'il a été exposé à la contagion du mal vénérien.

Mais ces connoissances sont quelquefois incertaines , et ne donnent que des résultats douteux. | |

J'observe aussi qu'il existe sans doute des cas compliqués où ces écoulemens ne sont point produits primitivement par l'humeur

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