FIÈVRE RÉCURRENTE (RELÂPSING FEVER, FIÈVRE Â RECHUTES
typhoïde bilieuse.
Cor.MACK, Natural Iiistory, patbology, etc., ofthe épidémie fever, etc. Ediiiburgli, 1843. — Cr.AiGiE , Edinburgh Journal, 1843. Vol. LX, p. 410. —Jackson^ ibid., 1844. Vol.LXi, p. 417. — Henderson, ibid., p. 201. — Smith, ibid. Vol. LXI, LXII, p. 144. — Goodsir, ibid. , 1845, vol. LXIII, p. 134. — Steele, ibid.. vol. LXX, p. 145, vol. LXXII, p. 269. — Pa- TERSON, ibid., p. 362, 371. — Die Scbriftsteller tiber die oberschlesische Epidémie, namentlicliDOMMLER und von Ba;rensprung ^— Orr, Edinburgh Journal, 1848, vol. XCVI, p. 3G3. — Report upon the récent épidémie fever, etc. (Dublin Journal, 1849, Vll-Vlll.) — Transactions, I, 33; médical Times, 1849-1851. — Jenner, loco citato. — Ghristison, On the change which hâve taken place, etc. Edinburgh med. Journal, juin 1858, p. 577. — Mur- CHisoN, On continued fever, London, 1862, p. 87, — Kuttner (Ueber das epidemische remitterende Fieber in Petersburg, Petersburg med. Zeitschrift, 18C5, et Schmidt's Jahrbiicher, Band 126, p. 287.) — Chakcot, Gazette hebdomadaire, avril 1865. — Eug.PEUKAN, Notice sur l'épidémie de fièvre récurrente de S. -Pétersbourg (Bull, de l'Acad. deméd., 1865, t. XXX. p. 640, et Rapport de E. Bergeron, ibid., p. 896). — Arnould, du typhus à rechutes ; épidémie observée au pénitencier d'Aïn-el-Bey (province de Coustantine) (Archives de médecine, juin et juillet 1867).
Callisen : Observationes circa epidemiam bilioso-nervoso-pulridam inter nautas (Acta societ. med. Havn., vol. III, p. 1). — J. D. Larrey, Mémoires de chirurgie militaire, Paris, 1812, t. II. — Lange, Eigenthûmliche Milzkrankheit oder Typhus? in Beobacht. ani Krankenbette. Kônigsberg, 1850, p. 285. — Griesinger, Beobachtungen ûber die Krankhelten von Egypten (Archiv fiir physiolog. Heilkuude, 1853, XII, p. 29). — A. Hirsch, Handbnch der histor. geogra. Pathologie-, 1859, p. 172.
§ 299. ïntroduction de la fièvipe récui'rente dans le cadl^e nosolo- ^ique. — J'ai proposé la dénomination de fièvre récurrente pour une forme spéciale de maladie que les pathologistes anglais appellent Relapsing Fève?" et qui autrefois n'avait point de nom chez nous ; cette dénomination a été acceptée par un grand nombre d'auteurs. L'examen ultérieur que nous ferons de l'étiologie, la description complète que nous donnerons du processus morbide répondront tout à fait à la question de savoir jusqu'à quel poitit cette maladie est réellement une entité morbide spéciale et en quoi elle se distingue spécifiquement des autres maladies typhoïdes; quelques remarques préliminaires sont nécessaires pour faire comprendre exactement une maladie presque tout à fait inconnue jusqu'à la première édition de cet ouvrage, non en Allemagne, mais dans la littérature médicale allemande.
§ 300. Histoire et géog^raphie. ~ Les épidémiologues anciens de l'Irlande et de l'Ecosse, tels que Barker en 1741, Gheyne en 1816-1821, etc., avaient décrit d'une manière évidente la fièvre à rechutes, et l'on trouve même çà et là dans les œuvres d'Hildebrand et d'autres auteurs allemands
sur le typhus des armées des indications qui nous donnent à penser que ces médecins l'avaient aussi observée. Ces remarques et ces observations étaient oubliés et n'avaient pas attiré suffisamment l'attention, lorsque les épidémies delà Grande-Bretagne de 1840-1850 dirigèrent forlement les idées sur cette forme particulière de typhus ; on eut alors l'occasion de l'étudier d'une manière complète, et pour la première fois on en donna une description certaine. Les épidémies d'Ecosse commencèrent en 1843, et chacun déclara alors qu'il s'agissait d'une maladie nouvelle, inconnue jusqu'à ce jour; cette maladie se reproduisit souvent à une époque ultérieure en Ecosse, en Irlande, à Londres, et l'on vit surtout dans les grandes épidémies irlandaises de 1847-1848, la fièvre récurrente régner dans une grande proportion à côté du typhus exanihématique ; il s'agissait certainement de la fièvre récurrente dans les épidémies^ qui régnèrent la même année dans la Silésie supérieure, et peut-être aussi dans celles de Bohême; moi-même, en 1851, j'avais l'occasion d'étudier la fièvre récurrente en Egypte, mais elle y était souvent mélangée avec d'autres formes de typhus. Produite dans ces circonstances, la fièvre n'était point souvent reconnue avec l'ensemble de ses caractères spéciaux ; le cours particulier de la maladie, la différence considérable qui la séparait de la fièvre péléchiale ordinaire, ses analogies avec la fièvre intermittente s'accusaient à la vérité, dans les cas bien marqués, et ce fut là chose évidente pour quelques ob-' servateurs dans l'épidémie de Silésie supérieure, mais ces caractères aussi nets existaient parfois, lors des épidémies mêlées, dans la minorité des cas, il arrivait même facilement que ces particularités semblaient n'être que des différences accidentelles et individuelles, et toutes ces entités morbides étaient acceptées sous le nom de la maladie régnante. Outre les épidémiologues de l'Ecosse et en partie de l'Irlande, Jenner a surtout décrit d'une manière concise et a complètement fait valoir les particularités de la fièvre récurrente, en se basant sur des observations de faits épidémiques ou sporadiques recueillis à Londres; l'histoire médicale (1) du champ de bataille anglo-français en Grimée nous a fourni quelques observations qui nous prouvent que cette fièvre y régna, mais elle n'a nullement augmenté l'étendue de nos connaissances à ce sujet.
§ 301 . {Symptômes principaux, leur nature. — Les circonstances lêS plus caractéristiques de cette entité morbide sont les suivantes : la maladie affecte un cours spécial; elle consiste dans deux accès de fièvre, {rarement plus), violents, successifs, séparés l'un de l'autre par une forte rémission ; le dernier accès apparaît comme une récidive {relapse) du premier ; il y a uue diminution très-rapide de la fièvre à la fin de cet accès; la localisation morbide a lieu avec intensité sur la rate, puis sur l'appareil biliaire ; la maladie se développe de préférence dans les contrées marécageuses. Ces processus se rapprochent évidemment de la fièvre intermit-
(1) Tholozan, Gazette médicale^ 1855, p. 769-783.
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tente; mais ils se distinguent d'autre part des formes connues de l'impaludisme par l'ensemble de leurs symptômes et par la nature de leur propagation contagieuse; comme nous le ferons ressortir, ils doivent être uniquement rangés au nombre des maladies typhoïdes. Quelques écrivains récents ont commis la méprise de voir dans la fièvre à rechutes une récidive d'un typhus exanthématique ou d'un typhus pétéchial; rien n'est plus faux ; les récidives ne sont pas des rechutes chez les convalescents, mais bien des éléments constitutifs de la maladie; les rechutes se sont présentées à de nombreux observateurs dans les 99 centièmes des cas, et elles se produisent, comme notre description le prouvera, sous la forme de phénomènes que l'on chercherait en vain dans les récidives des autres formes de typhus.
L'impression générale que la fièvre récurrente a laissée dans l'esprit d'observateurs exercés, au sujet de l'appréciation de la nature des maladies épidémiques, ne me paraît pas devoir être dédaignée ici ; beaucoup l'ont considérée comme une modification du typhus ordinaire, d'autres comme une fièvre intermittente irrégulière; mais le plus grand nombre et ceux qui ont observé en grand ne peuvent ranger cette maladie dans aucun de ces deux processus; ils la déclaraient comme spéciale, sui generis, et présentant une nature qualitative différente des deaxau très; je me range à cette manière devoir, et, aujourd'hui, il n'y a presque plus, à ce sujet, de divergence d'opinion.
§ 302. Typhoïde bilieuse; sa nature. — Mais il y a encore d'autres formes morbides plus éloignées, plus graves que la fièvre récurrente qui offre en général peu de danger ; d'après ma conviction, elles doivent être placées dans la même série ; elles constituent cette fièvre que j'ai décrite sous le nom de Typhoïde bilieuse; les épidémiologues anciens et récents l'avaient peut-être souvent observée, mais ils n'en avaient jamais retracé l'histoire que sous des traits douteux et confus; mes recherches furent les premières à introduire dans la pathologie cette entité morbide. Les processus pathologiques de cette fièvre présentent l'analogie la plus marquée avec ceux de la fièvre récurrente, tous deux ont des caractères communs ; dans la typhoïde bilieuse il y a aussi des localisations importantes sur la rate et l'appareil bihaire ; do temps en temps des rémissions bien accusées se produisent et même une récurrence très-marquée, telles que n'en off'rent point les autres maladies typhoïdes ; les deux formes de fièvre se développent souvent l'une à côté de l'autre, et, dans les cas légers de fièvre récurrente, on peut souvent soupçonner l'existence de symptômes de la typhoïde bilieuse. Si la forme de la fièvre récurrente simple et légère offre beaucoup d'analogies avec une fièvre intermittente à paroxysmes très-prolongés ; la typhoïde bilieuse, de son côté, présente de nombreuses ressemblances avec les processus paludéens de nature irrégulière et maligne; aussi, nonseulement quelques auteurs théoriques, mais même des médecins ayant observé par eux-mên\es la maladie, l'ont rangée dans les fièvres intermit-
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tentes; c'est là une opinion tout à fait inexacte. Ces entités morbides ont d'autre part, avec les processus de la fièvre jaune, du typhus et de la peste, des analogies qu'on ne saurait méconnaître; on doit les mettre au jour et les faire ressortir ; aussi la compréhension de ces maladies ne saurait jamais résulter de la confusion que l'on ferait entre elles, mais bien de l'appréciation exacte de leurs particularités. La description particulière de la typhoïde bilieuse nous fera voir qu'elle se rapproche plus des autres maladies typhoïdes que d'un autre processus morbide quelconque; aussi sa classification dans les maladies typhoïdes sera-t-elle justifiée. On ne saurait voir dans la récurrente simple et la typhoïde bilieuse des modifications graduées d'un seul et même processus, il y a assurément dès le début des différences qualitatives; l'ensemble général de la maladie, la direction primitive, présentent évidemment des différences très-marquées, et toutes deux se distinguent complètement, d'une part des autres maladies typhoïdes, de l'autre des processus intermittents.