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CHAPITRE V

VARIÉTÉS DE LA MARCHE DU CHOLÉRA. -^ COMPLICATIONS ET MALADIES CONSÉCUTIVES. — DURÉE. — MORTALITÉ*

§ 487. Cas lég^ers, graves, foudroyants. — Nous ferons abstraction des maladies tout à fait partielles amenées par la cause du choléra, de la diar-

(1) Rayer la constata quatre fois sur 200 malades; Muller, à BerHn, l'observa trois fois sur 275 malades.

rhée cholérique, de la cholérine aussi bien que de quelques formes morbides tout à fait probiémaliques, telles que le choléra de la peau, du poumon ; nous ne parlerons point des différences considérables que présente le tableau morbide de quelques épidémies locales; notre but est surtout d'examiner les différences graduelles de la marche de la maladie qui entraînent du resle avec elles les particularités multiples des cas isolés.

Les attaques légères sont en général celles oii le pouls radial est toujours perceptible d'une manière évidente, oii la sécrétion urinaire n'est point complètement interrompue ; la cyanose est alors à peine marquée; le collapsus est modéré, les troubles subjectifs, le malaise, le délire, peuvent être considérables. Naturellement, dans le cours d'une attaque, l'intensité de la maladie peut augmenter, et assez souvent un cas léger sei^a susceptible de se transformer dans un état typhoïde grave. Les personnes affaiblies auparavant, les vieillards, etc., peuvent succomber à une attaque qui présente ces caractères légers.

Les cas graves sont ceux où le pouls radial n'est pas ou peu sensible, et 011 la sécrétion urinaire s'arrête tout à fait ; l'algidité, la voix et le faciès cholériques existent toujours alors. Tous les phénomènes morbides ont en général une haute intensité, et le passage à l'état typhoïde est fortement à craindre. Les cas foudroyants ont parfois des prodromes à peine appréciables, nuls ou de très-courte durée ; les évacuations profuses par en haut et par en bas sont aussitôt suivies d'un collaspus profond, d'une algidité considérable, de cyanose, de disparition du pouls et de crampes intenses, la mort a lieu dans l'espace de 3 à 24 iieures. Les cas les plus rapides de cette nature ont été signalés autrefois dans les Indes : des individus commençaient subitement à vomir au milieu de la rue, ils se plaignaient de vertiges, de surdité et de cécité, et mouraient au bout de quelques minutes (Gordon, etc.). On doit admettre presque toujours chez de tels malades l'existence antérieure de plus ou moins de diarrhée. Dans nos épidémies souvent, mais non d'une manière constante, les premiers cas bien développés revêtent la forme foudroyante. A l'inverse de ces faits, il y en a d'autres dont le développement dès le début est lent, la formation (Jes troubles circulatoires est modérée, la marche de la maladie est prolongée et souvent rémittente en raison de la disparition répétée et de la réapparition successive des symptômes de la réaction, l'amélioration se fait lentement quand la terminaison est favorable.

§488. Variations dans la marche de la maladie. — Beaucoup de variations qualitatives de la marche ordinaire du choléra paraissent tenir à l'individualité du malade, d'autres à des différences inconnues dans l'action de la cause épidémique. Un fait certain, quoique tout à fait inexplicable, c'est que beaucoup de symptômes caractéristiques, tels que la cyanose, la voix cholérique, les crampes, etc., sont parfois peu développés ou rares à certaines périodes des épidémies, tandis que, dans d'autres, ils sont constants et fortement accusés ; parfois même le processus cholérique

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