CHAPITRE VI
§ 495. Diagnostic différentiel; sig^nes dia^nostiqnes. — Dans l'immense majorité des cas, le diagnostic du choléra n'offre aucune difficulté lors de l'existence des épidémies; parfois cependant le médecin peutcom-
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mettre des erreurs graves el trùs-conipromeltanles. Dans le cours de l'épidémie, la confusion peut être faite avec d'autres maladies analogues dans leurs symptômes; on peut encore se demander si un cas déterminé produit en dehors d'une épidémie est réellement le choléra asiatique. Cette question se pose naturellement dès l'invasion d'une épidémie, lorsque le premier cas présente l'appareil symptomatologique décrit, les lésions cadavériques spéciales, et le plus souvent la terminaison rapide par la mort. L'erreur paraît surtout avoir été commise avec les empoisonnements métalliques et en particulier avec l'intoxication par l'arsenic et le sublimé. Dans les circonstances douteuses, on doit toujours penser à cette possibilité, et les éléments d'un diagnostic différentiel seront les suivants : beaucoup de poisons métalliques ont un goût particulier, ils déterminent souvent des sensations de brûlure dans la bouche; dans l'intoxication métallique, le vomissement précède la diarrhée, le contraire a presque toujours lieu dans le choléra; dans l'intoxication, les coliques sont plus fréquentes, les évacuations moins copieuses, non riziformes, d'une odeur très-mauvaise, souvent sanglantes et accompagnées d'un ténesme intense, les matières vomies sont bilieuses^ contiennent fréquemment du sang, la suppression de la sécrétion urinaire est moins complète, il y a souvent dysurie et strangurie, l'apparence extérieure est celle du coUapsus, mais ce n'est point le faciès spécial du choléra, Taphonie ne se produit point facilement ; il faut en outre prendre en considération beaucoup de circonstances accessoires telles que le développement de la maladie après un certain repas, les altérations souvent évidentes de la cavité buccale et des lèvres, le ptyalisme survenu à la suite de quelques poisons irritants, l'isolement ou la reproduction des cas, etc. — Les autres maladies avec lesquelles on peut le confondre sont : la dyssenterie à l'époque d'une épidémie de choléra ; la fièvre intermittente cholérique dont le développement n'est point épidémique et qui se caractérise du reste par son type intermittent;, les phénomènes cholériformes se développent dans le cours ou à la suite d'une fièvre intermittente, mais alors les évacuations sont presque toujours colorées ; la péritonite ; l'étranglement herniaire et l'étranglement interne; la fièvre typhoïde offrant à son début de la diarrhée et un vomissement exceptionnellement intense. Il faut surtout considérer en faveur du choléra les symptômes suivants : les selles riziformes, l'habitus; le faciès cholérique, c'est-à-dire l'œil excavé avec son cercle bleuâtre, à demi ouvert, porté en haut, la conjonctive injectée, le visage livides, les extrémité présentant le froid du marbre, la consistance pâteuse de la peau, les plis du tégument ne revenant plus sur eux-mêmes, la soif inextinguible, les crampes, etc., la voix cholérique; joignons à cela la sensation d'oppression du début à l'épigastre, le développement simultané ou le voisinage d'une épidémie.
Le choléra asiatique ne se laisse pas distinguer avec certitude des cas graves du choléra nostras et les conditions extérieures seules jettent plus
PRONOSTIC. Diy.
ou moins de lumière ; le choléra nostras se développe chez nous presque toujours à la fin de l'été, à la suite de causes nuisibles très-manifestes sans qu'il puisse y avoir de soupçon de contagion ou d'importation ; la sécrétion urinaire dans les cas graves est rarement aussi longtemps et aussi complètement interrompue que dans la forme asiatique. Une petite épidémie de choléra nostras, telle qu'on en observe quelquefois, so reconnaît toujours au grand nombre des cas légers et à la très-faible mortalité.