CHAPITRE Vif
§ 496. Du pronostic; sisj^ncs pronostiques. — Le pronostic du choléra
est incertain dès le début jusqu'à la fin, la gravité extrême de la maladie résulte des conditions de mortalité déjà produites; le malade a d'une manière générale à peu près autant de chances pour guérir que pour mourir, elles sont moindres au début, plus favorables à la fin de l'épidémie. Assez souvent les cas légers en apparence qui semblent tourner heureusement passent en peu de temps à l'état asphyxique le plus grave ou à un collapsus subit, mais d'autre part quelques cas tout à fait désespérés guérissent d'une manière inattendue. La gravité des épidémies surtout et leurs périodes ont une influence générale. Les enfants et les personnes au delà de 50 ans, les individus affaiblis, déprimés, mal nourris, les femmes grosses, les ivrognes, les malades atteints d'affection chronique sont bien plus menacés ; quant à ce fait, que des tuberculeux, des cancéreux, etc., traversent très-bien le choléra, etc., c'est là une exception à la grande majorité des cas ; les natures calmes et d'un moral puissant semblent avoir un avantage sur les tempéraments nerveux, découragés, et pusillanimes. — Parmi les circonstances particulières influant sur le pronostic, les suivantes semblent être les plus importantes : les cas sans diarrhée prodromique semblent d'une manière générale d'un pronostic mauvais (Buhl, Dechambre, etc.), les cas développés rapidement sans prodromes, dont le stade de transsudation est de courte durée, et le passage à l'état asphyxique très-rapide, forment les cas de beaucoup les plus dangereux ; mais ceux qui procèdent d'une diarrhée de longue durée sont manifestement défavorables. — Les symptômes graves dans l'attaque sont : la cyanose intense, le refroidissement, Y humidité visqueuse et le ratatinement de la peau, le refroidissement considérable de la langue, l'haleine froide, la disparition du pouls, l'absence du second bruit du cœur, les selles sanglantes, la cessation des évacuations, l'anurie complète, l'agitation, la dyspnée intense et l'angoisse, l'indifférence absolue et l'état comateux. Dans la période réactionnelle, une réaction modérée, complète, continue et générale
est du meilleur pronostic; touie variation au contraire, toute alternative de réchauffement et de refroidissement successif, etc., sont mauvaises. — Le retour des selles bilieuses est un phénomène favorable, bien que beaucoup de malades meurent après avoir présenté ce symptôme ; également favorables sont le rétablissement lent et continu du pouls, les sensations subjectives de soulagement manifeste, la cessation de toute oppression, la disparition de l'apathie et surtout le rétablissement de la sécrétion rénale avec une élimination continue et abondante d'urine. Tout état typhoïde est grave. Les diarrhées modérées, en forme de bouillie, sont plus favorables dans les états secondaires que la conslipation. Les symptômes urémiques confirmés ne laissent presque aucun espoir, les dépôts d'urée sur la peau sont toujours mortels.