CHAPITRE PREMIER
ÉTIOLOGTE.
§ 512. — Le choléra nostras se développe presque uniquement au milieu et à la fin de l'été, le plus souvent au mois d'août, puis en juillet et en septembre, de préférence dans les années chaudes (1); il règne tantôt d'une manière sporadique, tantôt sous forme de très-petites épidémies
(1) Dernièrement Levier a décrit une épidémie de cboléra nostras qui régna à Berne,
comprenant alors quelques cas ; parfois ces cas d'une localité se produisent dans l'espace d'un petit nombre de jours, parfois aussi les troubles gastriques et intestinaux sous une forme légère sont très-répandus. Les nuits froides et humides succédant à la chaleur du jour paraissent surtout favoriser son développement; le refroidissement de la peati en sueurs est une cause occasionnelle fréquente et éminemment active. L'influence des impressions morales est ici plus contestable ; il en est autrement desécarts de régime, de toutes les influences nuisibles qui agissent sur la muqueuse de l'estomac et de l'intestin, et surtout de l'ingestion abondante de boissons, de l'usage de la glace lorsque le corps est échauffé ou de fruits acides et contenant beaucoup d'eau, etc., le développement de la maladie peut en être parfois la suite immédiate à cette époque de l'année. Si l'on ne doit pas compter ici au nombre des cas de choléra sporadique toutes les intoxications possibles et même celle du tartre stibié, il ne faut pas non plus faire entrer en ligne de compte les cas de vomissements et de diarrhées qui suivent souvent l'usage de substances alimentaires nuisibles, telles que l'ingestion de viandes avancées, de beaucoup de mollusques, de poissons, d'œufs de poissons, de quelques fruits à l'égard desquels certains individus offrent une idiosyncrasie particuUère; le choléra sporadique présente ceci de caractéristique qu'il se développe sans intoxication connue, bien que l'on doive convenir que toute limitation précise avec ces maladies toxiques est tout à fait impossible. On doit considérer comme importantes les observations peu nombreuses à la vérité où le développement du choléra sporadique reconnut pour cause l'action des émanations putrides; tel est ce fait cité par Searle (1) et observé à Londres en 1829: un égout rempli d'un limon putride fut vidé dans une école d'enfants ; le contenu, d'une odeur fétide, fut déposé dans le jardin; sur les trente élèves, vingt furent atteints de choléra deux jours après, deux moururent et l'un offrit à l'autopsie des lésions cadavériques tout à fait semblables à celles du choléra asiatique. Tous les âges peuvent être atteints du choléra sporadique ; les individus présentant ordinairement de la faiblesse des organes digestifs y sont surtout disposés.