CHAPITRE II
SYMPTOMATOLOGIE.
§ 513. — Les symptômes morbides se développent ou subitement, ou
elle commença au mois de janvier au milieu d'un froid intense et se continua en diminuant jusqu'au mois de mars; les femmes furent surtout atteintes ; la cause en fut attribuée à l'eau à boire. Schweizer Zeitschrift fur Heilkunde, 1864. (1) Searle, io«rfort »îerfîc«/G«âe^ie, 1828, vol. IV, p. 37â.
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après quelques prodromes d'un ou de plusieurs jours de durée se traduisant par un peu de malaise, par une diarrhée modérée et passagère, par des nausées, de la flatulence et des douleurs de ventre; ils se produisent toujours sous la forme d'un accès à début brusque, et commencent très-souvent la nuit. Très-souvent des évacuations rapides et abondantes, des vomissements fréquents au milieu deborborygmes, de coliques, de douleurs brûlantes à la région épigastrique, surviennent tantôt intenses, tantôt modérés; le malade se sent aussitôt dans un malaise et dans un épuisement extraordmaire ; il éprouve de la céphalée, une soif intense et une sensation d'amertume très-marquée dans la bouche; toute ingestion de liquides, chaque mouvement du corps, peuvent faire naître le vomissement et les évacuations; le ventre est mou, empâté et sensible à la pression; on trouve assez souvent un ténesme plus ou moins accusé. Le nombre des évacuations peut être de 3-4 à 13-20 dans l'espace de quelques heures ; les selles consistent dès le début dans des matières fécales délayées, puis dans des liquides muqueux bilieux, d'une coloration jaune ou grise, assez souvent colorés par le sang et généralement d'une odeur forte; dans des cas rares seulement elles ressemblent à de l'eau de riz, et les recherches chimiques (Simon) ont donné presque les mêmes résultats que dans le choléra asiatique ; les matières vomies sont presque toujours colorées par la bile, elles sont d'une saveur amère et d'une réacùon acide ; des renvois douloureux et des hoquets donnent souvent lieu plus tard à l'expulsion de petites quantités de ces matières. L'on voit souvent se développer des crampes trèsdonloureuses ; au début on observe d'abord de la tension dans les mollets, puis ce sont des contractions et des convulsions dans les muscles de la jambe et de la cuisse, assez souvent dans les avant-bras, les doigts et la plante des pieds, quelquefois du tremblement dans les mâchoires et un tressaillement général de tout le corps. Dans les cas importants un collapsus véritable s'établit; la peau se refroidit, elle est sèche ou humide, le visage est abattu, le pouls est petit et fréquent, la voix est éteinte et la faiblesse musculaire considérable. L'intellect est conservé, la parole exprime l'angoisse ou la résignation, et généralement le découragement est très-profond, même chez les individus vigoureux. — Dans les cas les plus graves on peut constater plus rarement, et à un moindre degré que dans le choléra asiatique, des phénomènes de cyanose à côté d'une algidiié prononcée, c'est ce que j'eus l'occasion d'observer sur un de mes malades qui guérit, le visage et les mains étaient aussi cyanoses que dans le choléra asiatique, et cependant il pouvait aller çà et là ; le visage est du reste ordinairement pâle avec une apparence plus ou moins livide ; dans quelques cas la langue est refroidie et l'air expiré est froid; l'urine est en général très-rare et, au plus fort de l'accès, elle peut être tout à fait interrompue, surtout lorsque la maladie prend une tournure fâcheuse. Dans les cas
(1) Levier, dans l'épidémie de Berne que nous avous signalée, a trouvé dans les selles féculentes de la leucine, une fois aussi de la tyrosine.
graves, les forces baissent progressivement à cette période intense de l'accès; les mouvements du cœur deviennent de plus en plus faibles et fréquents, l'aspect cadavérique du visage exprime un coUapsus complet et la plus profonde souffrance, les plis de la peau ne s'effacent pas, le malade tombe dans l'épuisement, il présente un délire passager et la stupeur augmenle de plus en^jlus; les selles ont cessé, elles peuvent encore avoir lieu, mais elles ne se continuent plus avec la fréquence et l'abondance du début; le ventre est rétracté, le malade est extrêmement affaibli, il craint de faire le moindre mouvement ou il en est incapable, la sécrétion d'urine est réduite à un minimum ou cesse tout à. fait. La terminaison funeste survient dans ces circonstances, sans phénomènes nouveaux, au milieu d'un épuisement progressif, presque uniquement chez des individus âgés ou très-jeunes, ou très-affaiblis auparavant par d'autres maladies.
Dans la grande majorité des cas, tous les autres symptômes rétrogradent avec la cessation des vomissements et des selles, après 3 à 6 heures, et disparaissent même rapidement ; tandis que la peau devient chaude et moite, le malade s'endort, bien que fatigué et épuisé ; il se réveille sans malaise spécial, et une convalescence rapide et complète s'établit.
Très-souvent, la guérison ne survient pas aussi vite à la suite de l'accès ; un état fébrile se développe avec continuation de l'anorexie, avec de la soif, de la douleur épigastrique, de la céphalée frontale; il y a en même temps du délire, des bourdonnements d'oreilles, la langue est rouge, chargée, quelquefois sèche ; il y a de la constipation ou quelques selles liquides passagères; quelques phénomènes du début, des crampes légères, des vomituritions peuvent se continuer et disparaître ensuite. Cet état, analogue à celui de la réaction violente ou de la forme la plus légère des symptômes typhoïdes dans le choléra asiatique, semble n'être jamais dangereux et ne serait point lié à des processus urémiques. Il se termine peu à peu par une guérison complète; la présence d'un exanthème ne s'y observe jamais. Les récidives surviennent souvent dans les jours et les semaines qui suivent la guérison, à la suite de causes légères, et, en particulier, des écarts de régime ; une faiblesse de longue durée et des douleurs dans les parties occupées autrefois par les crampes subsistent souvent.