DU DÉLIRÉ DANS SES RAPPORTS AVEC LE RHUMATISME CÉRÉBRAL
gulière. On pria M. Hervez de se trouver le lendemain avec le médecin de la malade ; mais le rendez-vous devint inutile, cette femme succomba dans la nuit.
La rapidité de la mort pendant la durée d'un rhumatisme articulaire détermine cet honorable médecin à rattacher à la même cause la lésion cérébrale qui avait occasionné une mort si prompte et si imprévue.
2U Vers le cinquantième jour d'un état rhumatismal avec gonflement des pieds et des mains, malaise général, chez un individu qui avait eu, il y a cinq ans, un rhumatisme articulaire aigu, il y eut tout à coup de l'exaltation. Le malade pleure, prie, s'agite, s'impatiente et délire. Il tombe ensuite dans l'assoupissement et continue à délirer. Des sangsues derrière les oreilles, des révulsifs, semblent calmer la situation, mais le malade a des hallucinations et un véritable état de folie. Malgré la médication la plus active (ventouses, vésicatoires aux extrémités et sur la tète, calomel à haute dose, etc.), l'assoupissement devint continu et le malade succomba le septième jour. Il n'est pas dit dans l'observation si l'on employa le sulfate de quinine.
3° La troisième observation, qui se rapporte à un malade d'une imagination très vive, sujet au rhumatisme articulaire et délirant chaque fois qu'il était pris de son mal, suscite une réflexion qui a son importance dans letiologïe des maladies nerveuses. Il n'est pas d'affection qui dans telle ou telle phase de son développement ne puisse amener le délire ; cependant le tempérament de certains individus les prédispose d'une manière plus spéciale à ce phénomène. Le moindretroubledans l'économie surexcite chez eux le système nerveux au point de provoquer le délire. La même chose s'observe chez les enfants. Le sujet de la troisième observation de M. Chégoin se trouvait dansées dispositions. Malgré les saignées, les ventouses, les purgatifs, il ne cessa de délirer pendant vingt jours, et il était d'une agitation et d'une loquacité extrêmes. Néanmoins le malade fut sauvé, et M. Chégoin se demande s'il n'est pas permis de croire que la membrane fibreuse du cerveau ait été aussi le siège de la maladie, et s'il n'y a pas un rhumatisme cérébral fibreux comme il y en a un séreux. En effet, nous retrouvonsici les mêmes conditions d'organisation qu'aux articulations, et chaque forme paraît avoir ses symptômes propres. Dans l'une, excitation, délire, qui peuvent durer plusieurs semaines au même degré sans entraîner la mort ; dans l'autre, excitation passagère suivie d'un épanchement promptement mortel, ou d'une accumulation progressive qui permet encore un léger délire avec alternatives d'assoupissement et qui finit par devenir continu dans un temps qui doit sans doute varier... {Gazette des hôpitaux, du 2 janvier 1865.)