ÉTIOLOGIE. — RHUMATISME ARTICULAIRE. — MÉTASTASE
4° Dans une observation citée par la Gazette médicale de Liège (n° 9, 1854), il est difficile de ne pas voir un exemple du phénomène pathologique auquel on a donné le nom de métastase. Il s'agit d'un homme de trente-six ans, amené à l'hôpital de Bruxelles , dans un état de délire violent. Spasme du côté gauche de la face, regard fixe, yeux brillants, pupilles contractées, mouvements convulsif's des membres. On pratique une large saignée du bras; le délire est moins bruyant, mais il persiste encore avec des périodes de rémittence pendant plus de quinze jours, et ne cède qu'au sulfate de quinine. Ce n'est qu'au bout de ce temps qu'on remarque chez le malade un gonflement douloureux et œdémateux des articulations tibio-fémorales, et que le sujet est en état d'expliquer qu'il avait eu avant son entrée un rhumatisme aigu du genou.
5° Enfin, dans un mémoire très intéressant, lu à la Société médicale des hôpitaux de Paris, le 25 mai 1853, M. le docteur Vigla rapporte six observations de rhumatismes articulaires suivis d'un délire plus ou moins prolongé et violent. Quatre fois la mort a été le résultat des complications cérébrales développées dans le cours du rhumatisme articulaire aigu. Les deux autres cas se sont terminés par la guérison. L'histoire de ces six malades est suivie de réflexions sur le degré de fréquence de ces complications cérébrales dans le cours du rhumatisme , sur certaines circonstances qui ont paru favoriser leur production ; enfin, sur les symptômes qu'ils ont présentés, la marche que leur affection a suivie , les formes diverses qu'elle a affectées. L'autopsie des quatre malades qui ont succombé n'ayant pas été faite, l'anatornie pathologique est forcément passée sous silence. M. Vigla groupe de la manière suivante les accidents cérébraux qu'il a observés :
1° Délire simple, se développant dans le cours du rhumatisme, et rappelant assez bien le délire symptomatique nerveux observé dans un grand nombre de maladies aiguës fébriles, de cause interne ou traumatique, ou, en peu de mots : rhumatisme compliqué de délire.
2° Délire et réunion de la plupart des symptômes et probablement des lésions propres à la méningite : méningite rhumatismale des auteurs.
3° État alaxique brusque et imprévu , bientôt remplacé par un collapsus et un coma mortel : apoplexie rhumatismale de Stoll et de quelques auteurs.
Je n'ajouterai à ces faits qu'une seule réflexion : c'est qu'après avoir comparé tout ce que les auteurs ont dit sur le délire nerveux, et particulièrement sur le rhumatisme cérébral, il me semble que plusieurs de ces observations se rapportent à la lièvre pernicieuse dont tout le monde
DU DÉLIRE DANS SES RAPPORTS AVEC LE RlIUMATIsME CÉRÉBRAL. 151
connaît la marche insidieuse, et qu'il ne me parait plus étonnant qu'une mort prompte, dans des occurrences pareilles, ait souvent été le résultat de la méthode antiphlogistique (1).
J'ai cru devoir donner une certaine extension à l'historique des causes étiologiques qui intéressent le cerveau ou ses membranes. Tout le monde comprendra l'intérêt qui en résulte pour nos études spéciales. J'ai dû passer sous silence plusieurs états pathologiques du cerveau, congénitaux ou consécutifs, tels que l'atrophie de cet organe, son induration et diverses autres maladies qui peuvent l'affecter, et jusqu'à la formation des hydatides qui ont parfois amené l'épilepsie ou l'aliénation. Je me réserve, clans le chapitre de l'anatomie pathologique, de compléter ce que j'ai à dire à ce sujet.