‹ Traité des maladies mentaleChapitre 117 sur 500 · PERTES SÉMINALES. — TROUBLES CÉRÉBRAUX CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

PERTES SÉMINALES. — TROUBLES CÉRÉBRAUX CONSÉCUTIFS

Pertes séminales, involontaires. — La question des pertes séminales involontaires se rattache à celle de l'onanisme, au moins pour ce qui regarde certaines conséquences, puisqu'il est hors de doute que les émissions spermatiques souvent sollicitées , aussi bien que les pertes involontaires de ce liquide, exercent sur l'économie une grande influence débilitante. On sait , d'un autre côté, que, en dehors de la folie proprement dite, la débilité intellectuelle , l'affaiblissement de la mémoire surtout , suivent de près les émissions trop fréquentes. Toutefois, dit M. Guislain, il n'est pas moins constant qu'on voit bien des personnes atteintes de pertes spermatiques involontaires arriver à un âge avancé sans présenter le moindre symptôme d'une maladie mentale.

Dans un mémoire intitulé : Des pertes séminales involontaires et de leur influence sur la production de la folie , lu à l'Académie de médecine le 23 mars 1851 , M. le docteur Lisle est plus exclusif que la plupart des auteurs qui se sont occupés des maladies nerveuses. Voici quelles sont ses conclusions :

« 1° Les pertes séminales involontaires exercent une influence des plus pernicieuses sur le système nerveux, et deviennent à la longue une cause fréquente de folie.

» 2° Elles impriment aux symptômes de cette maladie un cachet tout particulier qui permet de distinguer les individus qui en sont atteints des autres aliénés.

» 3° La folie causée par des pertes séminales est rebelle à tous les moyens de traitement dirigés uniquement contre l'affection du cerveau.

» U° Elle guérit au contraire rapidement, et à peu près constamment, lorsqu'on est parvenu à faire cesser les pertes involontaires de semence , et lorsque d'ailleurs les malades ne sont ni paralytiques ni en démence.

» 5° La théorie moderne qui regarde la folie comme une maladie primitivement et essentiellement cérébrale , n'est donc pas vraie d'une manière absolue. Il existe dans la science des faits constants qui prouvent que , dans un certain nombre de cas , le cerveau n'est affecté que sympat'hiquement et secondairement à la souffrance d'un autre organe. »

Les conclusions, un peu trop absolues peut-être, de ce mémoire ont été combattues par M. le docteur Belhomme (1) au point de vue de la folie sympathique surtout, que l'auteur, moins exclusif qu'on ne le pense sous ce rapport , admet dans un certain nombre de circonstances ; et il rapporte, à l'appui, des troubles intellectuels compliqués d'affections de

(1) Union médicale, 8 avril 1851.

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l'utérus (hypertrophie du col , polypes) , et qui out disparu complètement avec la guérison de la maladie utérine.

Pour en revenir aux pertes séminales, M. Belhomme dit qu'indépendamment des observations de Lallemand qui ont attiré l'attention des observateurs sur l'influence des pertes séminales involontaires dans la production de la folie, M. Deslandes, dans son Traité de l'onanisme, a déjà appelé la discussion sur ce sujet. « L'affaiblissement des facultés intellectuelles peut aller jusqu'à l'idiotisme et l'abrutissement le plus complet ; presque toujours alors le cerveau et ses dépendances sont profondément lésés , ce qu'annoncent certains symptômes, comme la perte de la vue, de l'ouïe, des accès convuîsifs, la paralysie, etc » M. Deslandes rapporte , il est vrai , quelques faits qui prouvent que les pertes séminales volontaires ou involontaires déterminent des accès d'hypochon-

drie , de mélancolie , avec idées de suicide , etc Mais ce qui paraît

prouvé à M. Belhomme , c'est que le genre de folie qu'amènent les pertes séminales serait plutôt la démence que toute autre forme d'aliénation.

11 est inutile de nous étendre plus longtemps sur les dissentiments des auteurs, lorsque ces dissentiments ne détruisent pas le fait étiologique si important qui nous occupe , et qu'ils ne portent que sur la fréquence de l'aliénation , la forme qu'affecte cette maladie, et sur la théorie des faits sympathiques. Il résultera pour nous , des observations qui précèdent , la conviction qu'en dehors des conséquences ordinaires des excès vénériens, onanistiques et des pollutions involontaires {marasme physique, abrutissement, démence, idiotisme), il est des troubles cérébraux particuliers qui sont en rapport avec les pollutions involontaires : ce sont l'hypochondrie, la dépression mélancolique, compliquées parfois de tendances au suicide.

Ce qui n'est pas moins avéré, c'est que les travaux de Lallemand ont amené d'autres praticiens à rechercher la cause de certains accidents nerveux dans une affection qui, combattue avec succès, a fait disparaître les phénomènes anormaux de l'ordre intellectuel et moral qui en étaient la conséquence. C'est ainsi que M. le docteur Hubert Valleroux , étant parvenu à découvrir qu'un cas d'hypochondrie, avec aphonie et pertes séminales, était dù à un rétrécissement organique de l'urèthre, a obtenu une pleine guérison par la dilatation de l'obstacle (1).

(1) Annales médico-psychologiques, t. II, p. 324. Nous citerons cet exemple, lorsqu nous aurons particulièrement à nous occuper du traitement. M. le docteur Griesinge rapporte que les travaux de Lallemand l'ayant déterminé à rechercher les cas de f'oli qui peuvent être en rapport avec les pollutions involontaires, il a trouvé deux malade chez lesquels ce rapport semblait exister. H a employé la cautérisation, recommandé

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