ÉTIOLOGIE. — MENSTRUATION. — AGE CRITIQUE .— GROSSESSE , ETC
qui, pendant les six semaines qui précédèrent l'apparition des règles, fut privée de la vue tous les matins ; ce phénomène ne se reproduisit plus après l'écoulement sanguin. ... Les défaillances, la perte de connaissance, les syncopes, ne sont pas très rares.... Il est des jeunes filles qui se trouvent quelquefois mal, d'autres éprouvent de fréquents évanouissements. Nous avons connu une jeune personne qui avait jusqu'à dix syncopes par jour; une autre tombait roide comme une barre de fer; une troisième chancelait comme une femme ivre. Dans deux cas, nous avons observé la coïncidence de la paralysie de la vessie et de la paraplégie avec les phénomènes précurseurs du flux menstruel. L'hémiplégie a été notée aux approches de la menstruation et a cessé avec la régularisation de cette fonction. Dans quelques cas, la paralysie hystérique nous a paru évidemment liée à la même cause.
» Un des faits les plus curieux que nous ayons observés des troubles de la motilité sous la dépendance de la menstruation , est celui d'une jeune fille de quinze ans qui fut atteinte d'une affection choréiforme particulière. A chaque instant elle exécutait des culbutes. On eut recours aux médications les plus diverses sans succès. La raison de cette jeune fille s'altéra; elle répondait d'une manière bizarre, incohérente, ou gardait un silence complet. On fut obligé de l'enfermer dans une chambre qu'on fit entièrement matelasser. Cette demoiselle portait des vêtements d'homme ; quand on entrait chez elle , on la trouvait occupée à faire des culbutes.... Les bains la calmaient un peu, mais elle ne fut débarrassée de cette bizarre maladie et de son désordre d'esprit que lorsque les règles se furent établies régulièrement (1). »
Les circonstances où des accidents de ce genre se présentent le plus souvent, sont celles où déjeunes filles ayant été réglées de très bonne heure, cessent tout à coup de l'être, et où l'on voit succéder la chlorose et l'hystérie à une menstruation trop précoce. Examinons maintenant la question sous ses faces diverses.
De la menstruation considérée comme cause «l'aliénation. — « La
menstruation , qui joue un si grand rôle dans l'a santé des femmes , dit Esquirol , ne peut rester étrangère à la production de l'aliénation mentale; aussi entre-t-elle pour un sixième dans les causes physiques. Les efforts de la première menstruation déterminent la folie. Cette observation n'avait pas échappé à Hippocrate. Les désordres des menstrues pro-
(1) On consultera avec fruit, sous ce rapport, les Recherches statistiques pour servir à l histoire de l'épilepsie et de l'hystérie, par M. Beau (Archives générales de médecine, juillet 1836), ainsi que le» ouvrages de MM. Louyer-Villermay, Dubois (d'Amiens) e Landouzy, sur l'hystérie.