‹ Traité des maladies mentaleChapitre 131 sur 500 · ÉTIOLOGIE. — DES CAUSES SPÉCIFIQUES DE LA FOLIE · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE. — DES CAUSES SPÉCIFIQUES DE LA FOLIE

On lit dans l'ouvrage du docteur Burrows, que sur 57 femmes aliénées suite de couches, qu'il reçut dans son établissement, 53 étaient mariées et appartenaient aux classes les plus élevées de la société. Il faudrait d'ailleurs bien peu connaître l'histoire des nombreuses souffrances du cœur humain pour ignorer que les causes morales de nature perturbatrice agissent dans toutes les positions sociales. Nous avons assez insisté sur ce point pour n'y pas revenir.

Je ne terminerai pas cet exposé étiologique sans laisser entrevoir que, en dehors des complications résultant de l'hérédité et d'autres causes préexistantes, la folie, conséquence de la grossesse, de l'accouchement ou de la lactation, revêt un caractère particulier d'acuité, et que les symptômes qu'offre cette maladie dans son début, son développement et sa terminaison, se rattachent d'une manière intime, non-seulement à la nature des lésions et des perturbations physiques qu'éprouve la femme en ces époques critiques de son existence, mais encore aux modifications que subissent son intelligence et ses sentiments, ses goûts et ses appétits, alors même que les choses se passent d'une manière normale. Je me réserve, dans la description des divers types des maladies mentales, de compléter ce tableau, et de faire voir que la désignation de mania puerperarum donnée à celte vésanie révèle ce sentiment pour ainsi dire instinctif qui nous porte à étudier les caractères des diverses folies dans leurs rapports avec la nature de la cause génératrice.

J'ai dit dans mon Introduction que les différentes variétés de la folie se classaient d'après la cause qui les a produites. C'est bien, en effet, la cause qui imprime à la maladie mentale son caractère invariable, caractère qui se révèle jusque dans le langage et les actes délirants des aliénés. C'est dans la connaissance de la cause, et dans l'étude de son action sur notre être intellectuel, physique et moral, que nous puisons les indications qui nous guident dans le traitement d'une maladie aussi difficile, qui nous permettent de comprendre ses aspects protéiformes et ses métamorphoses diverses, et de poser enfin les bases du diagnostic et du pronostic.

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