‹ Traité des maladies mentaleChapitre 146 sur 500 · IMITATION. — INFLUENCES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

IMITATION. — INFLUENCES RELIGIEUSES

rapport avec sa manière de sentir habituelle. J'ai vu la nostalgie se terminer par Pincurabilité et par la mort....

Imitation, influences contagieuses. — Elî parlant de l'imitation et

(les influences contagieuses, je sais que j'aborde un des sujets les plus ardus de la psychologie, un de ceux qui offrent à nos recherches la solution d'un des plus terribles problèmes de la pathologie des maladies mentales.

Nous acceptons sans peine que des maladies convulsives, telles que l'hystérie, la chorée, Yépilepsie même, se propagent par imitation ; nous en avons vu des exemples dans la relation des épidémies d'affections du système nerveux chez les enfants. Mais, que les propensions à l'homicide et au suicide puissent également se répandre par imitation, qu'il suffise à un individu d'avoir lu ou entendu la relation d'un meurtre célèbre dans les fastes judiciaires, pour être immédiatement et irrésistiblement poussé à la perpétration du même fait, voilà certainement un de ces phénomènes pathologiques dont l'explication confond notre raison et nous jette dans de grandes perplexités; contentons-nous de citer quelques faits.

En l'année 1770, deux amants, à l'amour desquels les parents mettaient quelques obstacles, prennent la résolution de se donner réciproquement la mort. Cet exemple eut depuis un grand nombre d'imitateurs. L'influence contagieuse du suicide est une des plus constantes et des plus impérieuses qui existent, nous le savons par une triste expérience. 11 ne se passe pas un suicide dans nos asiles sans que cet événement nous avertisse incontinent qu'il faut redoubler de surveillance, si nous ne voulons pas voir se reproduire des actes semblables.

En 1825, il n'était question, à Paris, que du meurtre commis sur un enfant par la tille Cornier ; on sait le retentissement qu'eut cette déplorable affaire. Bientôt les asiles d'aliénés reçurent diverses femmes atteintes de la même et déplorable tendance homicide. L'une d'elles étant un jour à laver du linge à la rivière, des femmes lui avaient fait l'histoire de la fille Cornier. Elle se retira sans aucune impression fâcheuse; mais le lendemain, voyant son fils aîné auprès d'elle, elle devint inquiète, agitée; elle entendit quelque chose, ce sont ses propres expressions, qui lui avait dit : « Prends-le, tue-le. »

Madame N... entend aussi parler du meurtre de la fille Cornier : aussitôt elle est saisie de l'idée de tuer son enfant. Cette idée, qui se réveille ■ souvent depuis, l'excite au suicide. « Un jour, dit la malade, qui était confiée aux soins d'Esquirol à Charenton, je taillais une plume, mon enfant entre; aussitôt je sens le plus violent désir de l'assassiner. Je repousse

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