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TRAITS CARACTÉRISTIQUES DE LA PHYSIONOMIE DES ALIÉNÉS

ces cas extrêmes où les aliénés , laissés à eux-mêmes (l) , ne conservent presque plus rien du caractère de l'humanité ; où , vautrés dans leurs ordures , les vêtements relevés par-dessus la tête , ils se balancent automatiquement d'avant en arrière ou latéralement.

Physionomie. — On ne peut pas clouter qu'il n'existe en médecine un art profond, celui de voir dans un ensemble de phénomènes une foule de détails où d'autres ne voient que des généralités, et où parfois ils ne voient rien du tout (2). Il n'est pas moins certain, ajoute le savant médecin de Gand , que , sous ce rapport , certaines intelligences sont plus favorisées que d'antres. Elles saisissent beaucoup m\m\ l'ensemble, la spécialité, les caractères ou la nature d'une maladie. Pour un praticien doué de ce tact médical que donne l'observation, l'étude de la physionomie du malade amène incontestablement à établir le diagnostic et le pronostic sur une base plus certaine. On cite avec empressement certaines déductions fournies par la forme de la tète, mais je doute que les phrénologistes les plus sagaces puissent arriver à des appréciations certaines en dehors des données que peut nous offrir de son côté l'observation de la physionomie.

« Tout artiste a du tact, dit M. Guislain, et le médecin aussi est artiste. Son art est créateur; il crée des moyens de défense et d'attaque; il découvre des remèdes, il conçoit des appareils et des instruments. L'art, dans ce cas , c'est donc de bien voir et de réfléchir. » Mais , s'il en est ainsi , on conçoit que ce don heureux de lire sur la physionomie la nature et la gravité d'une maladie , et d'en déduire des conclusions qui, ajoutées à d'autres signes, tonnent les bases du diagnostic et du pronostic, ne soit pas un don qui s'acquière en dehors d'une observation sérieuse et prolongée. Lorsqu'il s'agit de troubles purement dynamiques, il faut de longues années au médecin , au point de vue du pronostic , pour bien juger de la curabilité ou de l'incurabilité des maladies.

La physionomie des aliénés nous offre des traits caractéristiques, et cela n'est pas étonnant pour les médecins qui ont observé l'influence spéciale des maladies sur l'expression de la figure. Le nerf facial, dit le docteur Albers, se ramifie par plusieurs de ses branches avec le nerf cervical. La cinquième paire, le trijumeau [trigeminus) , fournit une branche pour la formation du grand sympathique, et s'irradie dans les muscles de la face : il peut, avec justesse, s'appeler le petit sympathique. On voit donc

(1) Je décris eu ce moment les symptômes tels qu'ils ressortent de l'état maladif. J'ai dit que ces phénomènes sont observés lorsque la maladie est laissée à elle-même ; car on sait que dans les asiles bien tenus, on s'efforce, par tous les moyens possibles, à corriger ces tendances dépravées qui sont le résultat de la maladie.

(2) Guislain, Définition du coup d' œil médical (ouvr. ci/., t. I, p. H).

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