SYMPT0MAT0L0GIE. — DÉFORMATIONS DE LA TÊTE ET DE SES ANNEXES
petits, et le phénomène inverse se rencontre pareillement. La règle ordinaire est que chez les crétins la pupille est très petite, peu contractile, presque insensible à l'influence de la lumière.
Si l'on ajoute maintenant à ces traits caractéristiques les indications qui se déduisent de la contraction anormale des muscles de la face et des mouvements de la bouche, on comprendra que l'étude de l'habitude extérieure peut nous fournir des symptômes précieux pour le diagnostic.
La contraction anormale des muscles de la face, comme le fait judicieusement remarquer M. le docteur Guislain, change les traits au point de rendre souvent le malade méconnaissable. En favorisant la formation des saillies, elle renforce les ombres et donne plus d'éclat aux rides. Le sujet paraît vieilli ; il est plus laid qu'avant sa maladie. Cela fait, ajoute ce sagace observateur, qu'on rencontre rarement de belles figures dans les maisons d'aliénés. Dans la convalescence, alors que la tension morbide cesse, les traits sont réguliers, la peau gagne en fraîcheur, l'œil a plus de calme, de douceur, les rides disparaissent.. . Les plis du front ont une signification parlante, ils annoncent les peines, les soucis, les douleurs morales (1).
§ IX. — Des diverses déformations de la tête et de ses annexes. Arrêts de développement. Indications symptomatiques qui peuvent s'en déduire.
La vicieuse conformation de la tète est-elle un symptôme sûr et constant de défectuosité intellectuelle ? Cette question si importante n'a pas encore de solution définitive, et la raison peut en être attribuée à deux
(1) Les médecins étrangers, les Allemands surtout, se sont peut-être plus occupés que nous ne l'avons fait chez nous des indications symptomatiques que peuvent fournir les différentes parties de la figure. C'est ainsi que, dans un mémoire intitulé : Sur la signification séméiotique fournie par le nez externe, et inséré dans le Journal de Casper (1834), M. le docteur Hofling attache plus d'importance encore aux signes fournis par le nez que par l'œil. 11 fait ressortir que chez le dément le retrait des ailes du nez donne à la face une expression niaise et parfois encore douloureuse, tandis que chez l'homme bien portant les ouvertures nasales se rétrécissent et s'élargissent, suivant les passions qui animent l'individu.
L'expression de la bouche n'est-elle pas aussi bien significative? Chez le dément, l'idiot, l'imbécile, la bouche est entr'ouverte et la salive découle. Dans les paroxysmes maniaques, les lèvres se rétractent au point que l'arcade dentaire reste à découvert. Dans d'autres circonstances, la bouche se ferme et se contracte comme sous une inlluence tétanique qui détermine le grincement des dents. Dans les variétés dégénérées de l'espèce humaine , la forme du nez , de la bouche et des lèvres , a une signification particulière. C'est ainsi que chez les crétins le nez est épaté et les lèvres grosses , comme dans la race nègre ; la distance entre la racine du nez et la bouche est beaucoup plus considérable.