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LEURS RAPPORTS AVEC LES CONDITIONS MALADIVES DE L ORGAN1SME

phénomène de la douleur et de l 'alternance avec l'insensibilité. C'est ce que l'on peut observer jusque dans l'hystérie, où la perte de la sensibilité est sans contredit un des faits que l'on observe le plus fréquemment. Chez une jeune hystérique, recueillie dans le service de M. Piorry, il se développa une tympanite énorme, et la peau de l'abdomen devint d'une sensibilité telle, que la malade ne pouvait supporter même le contact de sa chemise et que la moindre secousse amenait des douleurs effroyables. Toutes les médications employées en pareil cas firent bien disparaître quelques-uns des symptômes de la maladie, mais la tympanite et l'hyperesthésie de l'abdomen résistèrent à tous les moyens mis en usage, et elles existèrent plus de cinq mois après l'entrée de la malade à l'hôpital. [Union médicale du 1er avril 1848.)

J'ai vu, pour ma part, de nombreux spécimens d'exaltation de la sensibilité chez les hystériques, mais la mobilité extrême des sensations chez ces malades m'a presque toujours permis de leur venir efficacement en aide dans de pareilles occurrences. Et ici encore, comme dans toutes les maladies nerveuses, faut-il tenir compte de la période dans laquelle se développe le phénomène de la sensibilité exaltée ou diminuée ; il importe de faire la part du mode d'action de la cause et, finalement, des lésions pathologiques du système nerveux. Nous verrons, à propos du traitement de la folie hystérique, par exemple, qu'il est telle ou telle période de l'affection où les phénomènes d'anesthésie et d'hyperesthésie sont plus difficiles à combattre.

Dans les différentes intoxications chroniques par l'alcool, l'opium, le plomb, le mercure, les contractions les plus douloureuses, les sensations les plus pénibles assaillent les individus à telle ou telle période de leur intoxication. C'est surtout chez les fumeurs d'opium que ce phénomène se fait remarquer; à leur réveil, ils ont dans la bouche la sensation d'une grande sécheresse, d'un feu dévorant, et ils ne peuvent calmer leurs souffrances qu'au moyen de nouvelles doses d'opium. Interrompent-ils leurs habitudes, ils sunt comme anéantis, éprouvent des syncopes, et il s'établit chez quelques-uns des pertes séminales. Veulent-ils cesser complètement de fumer, il surgit alors un ordre de phénomènes tout à fait spéciaux. Ils ressentent comme la sensation d'un froid glacial , ils se plaignent de douleurs intolérables dans toutes les parties du corps (1).

J'ai pareillement cité les phénomènes d'exaltation de la sensibilité que l'on observe chez les individus dont la constitution est épuisée par une

(1) Voyez le Traité des dégénérescences, etc., ehap. II : Dégénérescences dans leurs rapports avec l'intoxication produite par différents agents du règne végétal : hachisch, opium, tabac, etc., p. 141 à 170.

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