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HALLUCINATION DE L'OUÏE. — OBSERVATIONS

Dans d'autres circonstances, et l'observation des maladies nerveuses en fournit des milliers d'exemples, l'impression ressentie par le malade peut être si vive, que le phénomène hallucinatoire se traduit immédiatement sous une forme aiguë, persistante et des plus inquiétantes parfois au point de vue du pronostic. Une jeune fille, à l'époque de sa menstruation, vit brûler la maison de son père. Dans le délire de terreur qui s'empare de sa personne, dit le docteur Sinogowitz auquel j'emprunte ce fait, elle veut se précipiter clans les flammes. L'hallucination devient permanente ; elle est obsédée par les lueurs d'un incendie qui brille incessamment à ses yeux. Elle est en proie à l'exaltation la plus vive, et croit que ses parents sont destinés à être brûlés; elle-même ressent les ardeurs d'un feu intérieur qui la dévore, et succombe le vingt et unième jour, en proférant sans interruption les cris : « Au feu! au feu! (1). »

Hallucination» de l'ouïe. — Les aliénistes pensent assez généralement et justement, que les hallucinations de l'ouïe sont constamment les plus fréquentes, en raison des innombrables rapports qui existent entre la pensée et son expression par la parole. J'ai eu soin de décrire l'enchaînement successif des divers phénomènes pathologiques, tels que l'hyperesthésie du sens de l'ouïe, la tendance aux interprétations maladives, qui forment en règle ordinaire la période d'incubation de l'état hallucinatoire de l'ouïe. Ce n'est pas à dire que sous l'influence de certaines situations pathologiques, ou d'une forte contention ou excitation de l'esprit, le phénomène ne puisse avoir lieu d'une manière pour ainsi dire instantanée. L'existence des hommes célèbres nous fournit une multitude d'hallucinations de la vue et de l'ouïe; je vais dans un instant ramener ce fait à sa véritable interprétation.

Mais pour ce qui regarde les aliénés, l'expérience nous apprend que s'il existe chez eux des hallucinations de l'ouïe en rapport avec l'état aigu, ce phénomène est le plus ordinairement l'indice d'un état chronique, et qui offre une incontestable gravité quant au pronostic. Les individus à prédominance du délire des persécutions, surtout, sont singulièrement

perception fantastique des choses absentes ne saurait être prévue ; elle s'offre au hasard, sans continuité et dans le domaine de tous les sens. » (Falret, Leçons cliniques de médecine mentale, p. 1 18.)

(I) Ce fait rappelle une hallucination citée par M. Baillarger,et dans laquelle la mémoire de la sensation éprouvée intervient aussi et détermine la mesure du phénomène délirant. Une femme avait été terrassée par un pot de (leurs qui lui était tombé sur la tête. Quand, après quelques jours de stupeur, elle eut repris ses sens, elle chercha autour d'elle les fragments du pot brisé, et s'étonna de ne pas les trouver. Cette hallucination si pénible du toucher et de l'ouïe se répéta dix, quinze, vingt fois par jour, et chaque fois avec les mêmes circonstances.

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