‹ Traité des maladies mentaleChapitre 224 sur 500 · HALLUCINATIONS DU TACT EXTERNE. — GÉNÉRALISATION DES PHENOMENES · texte numérisé non relu

HALLUCINATIONS DU TACT EXTERNE. — GÉNÉRALISATION DES PHENOMENES

ment moins grande que celle des hallucinations de l'ouïe et même des autres sens. » (Falret, Leçons cliniques, p. 160.)

Hallucinations du tact externe. — On peut nommer ainsi les hallucinations du toucher, par rapport à ces autres erreurs de perception qui ont leur point de départ dans l'intérieur des appareils organiques, et dont j'ai déjà donné de nombreux exemples. Les hallucinations du toucher se rapportent le plus ordinairement à des situations complexes. Ce sont surtout les malades à paralysie progressive commençante ou confirmée qui se plaignent de sentir des corps rudes ou pointus qui les blessent, et qui accusent souvent des personnes complètement innocentes de les avoir maltraités et battus. Plus d'une fois il est arrivé que les malades de cette catégorie se sont plaints à l'autorité et ont fait intenter des poursuites pour des faits purement imaginaires. J'ai remarqué le même phénomène hallucinatoire dans l'alcoolisme chronique et dans le délire à la suite d'autres intoxications. On peut admettre que les crampes, les fourmillements, les contractures qu'éprouvent les paralysés et ceux qui font abus de boissons alcooliques, deviennent le point de départ des hallucinations relatives au sens du toucher. J'en ai donné des exemples.

Hallucinations relatives a plusieurs sens à la fois. — Les hallucinations peuvent être isolées, et cela ne se conçoit que dans le principe de l'affection. En effet, l'intensité du phénomène, clans telle ou telle sphère sensitive, n'éveille l'attention du patient que sur des sensations maladives indépendantes d'autres sensations. Mais il est de fait que les hallucinations tendent à se généraliser, et, aux exemples que j'ai déjà cités, je puis ajouter celui d'un jeune malade qui entendait des voix injurieuses, et auquel, en même temps, on faisait voir des choses obscènes. 11 se bouchait les narines pour ne pas respirer les odeurs mauvaises qui lui étaient envoyées; il avait continuellement son mouchoir devant la bouche pour ne pas avaler les miasmes délétères qu'on lui produisait à volonté partout où il se trouvait. Ses ennemis ne l'épargnaient pas dans les parties les plus secrètes de son corps; ils le soumettaient à des attouchements honteux, la nuit aussi bien que le jour. Ses sensations douloureuses internes n'étaient pas moins nombreuses que ses sensations externes, et, comme tous les hypochondriaques de cette catégorie, il interprétait dans le sens du surnaturalisme les malaises ou indispositions de son individu. Une blépharite chronique dont il souffrait était le résultat des insufflations de vapeurs sulfuriques que l'on dirigeait contre lui. Les phénomènes hyperesthésiques de la peau auquel il était sujet provenaient de Yapplication de l'électricité à distance. Un écoulement habituel de l'oreille droite ne pouvait être attribué qu'à des injections que nous avions essayées, et qui contenaient

Page 1