CONCLUSIONS. — ÉLÉMENTS PATHOGÉNIOUES OE L HALLUCINATION
de l'acide sut 'fur ■< 'que ; ses mets, ses aliments, étaient empoisonnés, et il y constatait journellement l'odeur du soufre. Or, quand l'hallucination est arrivée à ce point de généralisation, la situation de l'aliéné est bien inquiétante, et le pronostic est des plus graves.
Conclusions. — Les développements considérables dans lesquels je suis entré indiquent assez l'importance que j'attache à la question des hallucinations. A elle, en elfet, se relie l'idée claire et nette qu'il est permis de se faire du phénomène délire dans l'aliénation mentale. Je puis ajouter que la maladie qui fait le sujet de ce livre, la folie, deviendrait chose incompréhensible pour nous, échapperait même à toute action thérapeutique de notre part, s'il nous était impossible de déterminer à quel ordre de causes il s'agit de rapporter les illusions et les hallucinations des aliénés, toutes les sensations anormales, en un mot, qui font la matière des interprétations erronées de ces malades, qui constituent le délire de leurs idées et de leurs actes, et qui les rendent, en un mot, si différents d'eux-mêmes.
En posant la question en ces termes, on ne se méprendra pas sur la portée de mes intentions. Je ne prétends pas expliquer ce qui nous restera à jamais caché, je veux parler du mode intime de production du phénomène hallucinatoire. « Je ne sais pas plus, dit avec raison M. le docteur Parchappe, comment on peut avoir une hallucination, que je ne sais comment on a une sensation, un sentiment, une imagination, un souvenir. »
Mais si le mode de production de l'hallucination nous échappe absolument, comme le mode de formation de la pensée, le mode d'union du corps et de l'àme ; si tant d'autres problèmes psychologiques doivent rester impénétrables à nos investigations, il est un autre côté du sujet que nos recherches peuvent élucider. Je veux parler des conditions pathologiques dans lesquelles se produisent les hallucinations. Cette manière d'envisager la question est, si je ne me trompe, la meilleure voie à suivre pour l'asseoir sur sa véritable base théorique.
L'hallucination, phénomène auquel il importe, je crois, de donner une acception plus large que celle qui lui a été imposée jusqu'à ce jour, n'est, dans ma manière de voir, que le symptôme d'une maladie principale, symptôme qui ne peut s'expliquer, du reste, que par la double intervention du trouble des sens et du trouble des idées. J'emploierai, en conséquence, pour définir les différentes variétés d'hallucinations, la méthode que j'ai suivie dans la classification des maladies mentales.
Premier ordre. — Hallucinations et illusions provenant des névt^oses du système nerveux ganglionnaire, et ayant leur point de départ dans la