SYSTÈME NERVEUX GANGLIONNAIRE. — VIE DE NUTRITION
perversion des fonctions des organes de la vie de nutrition. — A cet ordre se rattachent toutes les interprétations maladives des hypochondriaques, qui, sous des allégories délirantes, donnent, ainsi que nous l'avons vu, un corps et une âme aux sensations qu'ils éprouvent, et leur prêtent une existence indépendante et réelle.
Si l'on me reprochait, à propos des illusions et hallucinations de cette catégorie de malades, de donner au système nerveux ganglionnaire, et en général aux organes de la vie végétative, un rôle trop considérable dans les manifestations de la vie intellectuelle et morale, je répondrais avec Cabanis et avec l'un de ses interprètes les plus distingués (1), qu'il est inexact de dire que tous les actes de la vie dite organique s'exercent à l'insu du sujet. 11 est au contraire légitime d'admettre que, hors certains cas de l'état pathologique, rien de ce qui .se passe dans l'organisme n'est indifférent à la vie psychique.
« Le cerveau, ou le système cérébro-spinal, ajoute M. Peisse, n'est donc ni l'organe, ni le siège exclusif de la vie intellectuelle et morale, connue semblent aujourd'hui l'admettre la plupart des physiologistes. Une observation plus exacte montre que le système ganglionnaire, qu'on suppose à tort exclusivement affecté aux opérations chimico-vitales de l'organisme et étranger aux manifestations morales, est au contraire la source originale et le siège immédiat de tout un ordre de phénomènes de la plus j grande importance. » Or, s'il en est ainsi, nous avons raison de créer un ordre d'illusions et d'hallucinations qui ont leur origine dans la sphère de la vie organique, et qui, par leur caractère, nous révèlent, et le point de départ du mal, et les indications thérapeutiques que comporte leur traitement.
Deuxième ordre. — Des illusions et hallucinations qui ont leur point de départ dans les nerfs sensoriels. — « 11 ne peut venir à l'idée de personne, dit M. le docteur Bûchez (2), de placer les hallucinations ailleurs que dans le système nerveux; il n'est personne qui veuille créer un système nerveux exprès pour elles. » Je suis parfaitement de l'avis de ce savant médecin, et je pense avec lui que, de même qu'il y a «les sensations qui siègent exclusivement dans l'organe encéphalique, qui centralise chaque appareil sensoriel, et je Vais le démontrer dans un instant, il y a
(1) M. Peisse, Discussion sur les illusions el les hallucinations, à la Société médicopsychologique , séance du 30 avril 1855 (Annales médico-psychologiques, t. XIX, p. 5J8).
(2) Bûchez , Discussion sur les illusions et les hallucinations, à la Société médicopsychologique, séance du 25 février 1856 (Annales mcdico+psychologiques, t. XX, p. 2li).