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INFLUENCES SYMPATHIQUES EXERCÉES SUR LE CERVEAU

dyspepsies. Or, tous ces états, lorsqu'ils existent chez les aliénés, coïncident presque toujours avec les hallucinations.

L'introduction de substances toxiques dans le sang produit une autre variété d'hallucinations; j'en ferai, à cause de leur importance et de leur caractère significatif, une classe à part. Je n'ajouterai qu'une dernière considération à ce que j'ai à dire sur les hallucinations cérébrales idiopathiques : c'est que ce symptôme, fréquent dans les périodes d'excitation de la paralysie progressive, coïncide ordinairement dans ce cas avec un état congestionnaire du cerveau ou de ses membranes, ou avec le travail de désorganisation qui a lieu dans la substance corticale. Les hallucinations ne sont pas rares non plus chez les individus menacés d'apoplexie cérébrale. N'est-ce pas aussi à la congestion du cerveau que doivent être rapportées les hallucinations des épileptiques et autres malades à type eonvulsif? Plusieurs affections du système nerveux impliquant l'extase et la catalepsie peuvent également produire aussi le phénomène hallucinatoire. Mais ces situations névropathiques offrant une certaine complexité à cause de l'intervention de l'élément intellectuel et moral, j'en parlerai plus spécialement aux articles Stupeur, Extase, Catalepsie.

Quatrième ordre. — Influences sympathiques exercées sur le cerveau. Hallucinations sympathiques. — ■ A cet ordre se rattachent une foule d'hallucinations qui arrivent dans le cours des affections aiguës et qui se différencient du délire proprement dit. Certaines de ces hallucinations peuvent avoir leur point de départ dans un appauvrissement général du sang, ainsi que cela se voit dans la période de convalescence de la fièvre typhoïde. Mais il est vrai aussi d'affirmer que des troubles sensoriaux. indépendants de tout état délirant ont été remarqués à toutes les périodes de cette affection. Ce que je dis ici de la lièvre typhoïde doit s'appliquer à différentes maladies aiguës exanthéinatiques et autres, la rougeole, la variole, etc. M. le docteur Brierre de Boismont eu cite un grand nombre d'exemples dans son Traité des hallucinations. C'est là un fait qu'ont mis hors de doute les recherches de M. le docteur Thore, qui a signalé dans quelques maladies aiguës, et en particulier dans la variole, les hallucinations les plus remarquables. Ces faits se sont produits en dehors de l'état de délire, qui n'aurait pu permettre aux malades de préciser avec autant d'exactitude qu'ils l'ont fait les phénomènes visuels et auditifs dont ils donnent la description.

Cinquième ordre. — Introduction de substances toxiques dans le sang. Hallucinations des buveurs d'alcool, des fumeurs d'opium. — J'ai déjà eu occasion de parler des hallucinations qui accompagnent les excès alcooliques et l'usage pernicieux de consommer l'opium sous toutes ses formes.

HALLUCINATIONS DES IVROfïNES, DES FUMEURS D'OPIUM. 373

ainsi que cela existe chez les Orientaux. La nature spéciale de ces hallucinations, leur instantanéité, en dehors de toute influence d'âge, do sexe, de conditions intellectuelles ou morales, est chose bien remarquable. L'enfance elle-même n'échappe pas à l'action que les agents toxiques introduits dans le sang exercent sur la production du phénomène hallucinatoire. Dans un article intitulé Un mot sur les hallucinations dans la première enfance, à propos d'un empoisonnement par le datura stramoniura, M. le docteur Thore cite un exemple très intéressant d'hallucination chez un enfant de quatorze mois. Ce petit être, qui avait avalé des semences de datura, était en proie à un état singulier. Il paraissait être à la poursuite d'objets imaginaires placés à une certaine distance, et qu'il cherchait à atteindre en allongeant à chaque instant ses bras et en faisant le mouvement de saisir un corps avec les mains. Après de vives secousses, l'entant tomba dans un état de stupeur pendant lequel ses hallucinations ne parurent point cesser. Ce fait a cela de remarquable, dit M. Thore, que parmi le grand nombre d'observations d'empoisonnement chez les enfants, on n'a pas noté de cas d'ingestion de substances toxiques et ^■hallucinations dans image aussi tendre [Annales médico-psychologiques, t. XIII, p. 72). D'ailleurs, ce que nous avons déjà dit des maladies épidémiques chez les enfants et de la facilité avec laquelle ils délirent, doit nous faire comprendre que les hallucinations sont communes chez eux.

Sixième ordre. — Phénomènes sensoriaux de l'état de rêve. Hallucinations hypnagogiques. — C'est sous ce devniernom que M. Maury, dans un savant travail inséré dans le XIe volume des Annales médico-psychologiques, désigne les erreurs des sens que fait naitrel'état intermédiaire entre le sommeil et la veille. Les visions et auditions de cet état se distinguent du rêve proprement dit, avec lequel les hallucinations hypnagogiques ont néanmoins de nombreux points de contact, puisqu'il est prouvé, et M. Maury le constate lui-même, que les nuits où l'on rêve davantage sont aussi celles où l'on éprouve le plus d'hallucinations hypnagogiques. Quoi qu'il en soit, les images qui s'offrent aux yeux dans l'état intermédiaire entre la veille et le sommeil, dit M. Maury, sont de nature les plus variées. Ce sont le plus souvent des figures d'hommes, bustes ou portraits en pied, des formes d'animaux, des démons, des maisons, îles Heurs, parfois aussi des paysages qui semblent fort beaux; les couleurs en sont généralement assez vives. Mais dans les objets non fantastiques, elles sont celles qui conviennent à ces objets, qui leur appartiennent. Parfois ces figures sont immobiles, parfois elles se meuvent. Ainsi les tètes d'hommes sont fréquemment grimaçantes ; elles font des signes en sens divers. Quelles qu'elles soient, elles ne s'offrent aux yeux qu'un temps

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