IDÉE — NOTION. — PERCEPTION
ont reçu de l'éducation, les uns sont sensibles et les autres sont indifférents aux souffrances d'autrui. Quelques-uns même goûtent du plaisir à tourmenter les animaux, à les voir torturer et tuer, sans qu'on puisse en accuser l'habitude ou une mauvaise éducation. Cet instinct dans l'aliénation mentale peut porter les individus à se détruire eux-mêmes ou à détruire leurs semblables. »
Lors donc que, dans la description de nos diverses formes maladives, il s'agira de la non-existence ou de la perversion des instincts, on devra interpréter ces termes dans leurs rapports avec l'état congénital ou acquis de certains aliénés. Chez les idiots et certains imbéciles, par exemple, nous aurons à constater qu'ils ne possèdent pas même les instincts les plus naturels à l'homme : l'instinct de la conservation, l'instinct maternel, celui de la progéniture, l'instinct d'accomplir leurs besoins... Ils sont au contraire instinctivement gâteux, destructeurs; et s'il apparaît chez eux des instincts vénériens très prononcés , ce phénomène est limité aux fonctions sexuelles et n'a plus rien de commun avec les instincts de la propagation, de la reproduction, de la génération, dans lesquels intervient un élément intellectuel auquel ces êtres dégénérés ne peuvent atteindre.
Maintenant il peut arriver que chez des individus primitivement intelligents et doués même des meilleurs instincts, il se développe, sous l'influence de la maladie, une telle perversion dans la nature des actes et des tendances, que l'on peut assimiler, ces malades aux idiots et aux imbéciles, sous le rapport de la perte des instincts naturels à l'humanité. Le suicide, l'homicide, le vol, l'incendie, les tendances erotiques, la perte des sentiments dont je vais parler dans un instant, forment dans ces cas les caractères symptomatologiques d'une situation maladive nouvelle. On dit alors que les instincts ou les penchants des malades sont dépravés accidentellement, mais non congénitalement. Aussi, dans la dénomination de folie instinctive que j'ai donnée à une variété d'aliénés, ne doit-on comprendre que ceux qui sont congénitalement frappés dans l'exercice de leurs facultés intellectuelles et morales, sans qu'on puisse accuser l'éducation ou une mauvaise habitude. J'en parlerai à propos des diverses variétés de folie héréditaire.
idée, notion, perception. — « La sensation, dit M. le docteur Parchappe, est toujours quelque chose d'actuel. Fatalement produite sous une influence extérieure à l'âme, la sensation n'a de durée que celle des conditions qui lui ont donné naissance. Après que ces conditions ont cessé d'exister, la sensation disparaît nécessairement, et elle ne peut se reproduire que par la reproduction de ces mêmes conditions. Le produit