‹ Traité des maladies mentaleChapitre 244 sur 500 · DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL. — DÉLIRE DANS LÀ FOLIE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL. — DÉLIRE DANS LÀ FOLIE

s'étend à un certain nombre d'objets sur lesquels s'exerce l'activité intellectuelle délirante du malade. Dans ces cas, l'aliéné paraît raisonner juste sur une foule de cboses, et il parvient souvent à tromper sur son véritable état intellectuel les personnes étrangères à l'art médical. La monomanie, le délire partiel, le délire systématisé, sont les expressions dont se servent les médecins aliénistes pour exprimer les diverses situations mentales où la compromission des facultés n'est pas tellement absolue, que l'aliéné ne puisse étayer son système délirant par des raisons très logiques en apparence. C'est, là ce qu'on observe d'une manière particulière dans la folie bypocbondriaque et dans ses diverses variétés, le délire des persécutions, la folie suicide.

Dans le délire des affections aiguës, le malade n'a pas le pouvoir d'associer ses idées. Leur variété et leur incobérence se règlent sur la multiplicité des sensations qu'il éprouve. Les images fantastiques qui, sous l'empire d'une fièvre ardente, assaillent et tourmentent un cerveau malade, ne sont égalées dans leur nombre que par la bizarrerie on ne peut plus fatigante des formes qu'elles revêtent. Dans les délires de la méningite, de la fièvre typhoïde et d'autres maladies, l'attention et le jugement, qui supposent la faculté de s'arrêter à une idée et d'en tirer des conséquences, ne peuvent s'exercer en aucune manière. Tous les efforts du malade pour repousser les idées qui l'obsèdent sont impuissants; il tourne dans un cercle fatal ; il est en proie à mille conceptions fantastiques, aux ballucinations les plus diverses et parfois les plus effrayantes.

Le délire de l'aliénation existe ordinairement sans fièvre. Le malade ne se plaint pas de céphalalgie ; ses fonctions générales s'exécutent le plus souvent d'une manière normale ; le délire peut durer des mois, des années.

Dans les affections aiguës, le délire continu est un symptôme promptement mortel ; il s'accompagne toujours de fièvre, de céphalalgie. Dans les cas où s'opère une transformation de mauvaise nature, l'état du malade ne tarde pas à présenter les caractères de la chronicité. Alors son délire est stéréotypé sur celui de la folie; il s'étend à un certain nombre d'objets, il se systématise et l'aliénation est confirmée.

Dans la folie, le délire survit à la cause qui l'a produit, et, de sympathique qu'il était, devient le signe d'une affection propre du cerveau.

Dans les maladies aiguës dont la terminaison est heureuse, le délire cesse avec la disparition de la cause génératrice, et il n'en reste pas de trace.

Non-seulement l'aliéné coordonne ses idées délirantes, en tire des déductions, en fait la base des motifs qui le dirigent dans ses actes, qui sont le plus ordinairement d'une nature agressive ou dangereuse; mais il a

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