TENDANCES AU VOL CONSIDÉRÉES COMME MALADIE
» k" Lavater parle d'un médecin qui ne sortait pas de la chambre de ses malades sans leur dérober quelque chose.
» 5° J'ai connu un médecin instruit, dit Marc, dont la manie consistait à voler des couverts de table; elle ne s'étendait pas à la soustraction d'autres objets. »
Je m'arrête dans cette nomenclature d'observations stériles, sur lesquelles l'auteur de La folie considérée dans ses rapports avec les questions médico-judiciaires se contente d'émettre la réflexion qui suit: « Ce serait une entreprise insensée que de vouloir se livrera des discussions théoriques sur ce singulier penchant ; car les bornes des connaissances humaines nous arrêteraient bientôt sans profit pour la science. Ma tâche se réduira donc à démontrer la vérité de la monomo.nic du vol, et cette démonstration sera uniquement fondée sur l'exposition de plusieurs faits concluants (1). » Mais, je l'ai dit, ces faits n'ont pour nous que peu de valeur quand il est impossible de les rapporter à leur véritable origine. Tout ce que je puis affirmer, c'est que, grâce à une bonne méthode d'observation, il nous sera toujours possible de distinguer le symptôme folie du symptôme crime. J'ajouterai encore que quelles que soient les bornes imposées aux connaissances humaines, ce n'est pas une entreprise insensée que de chercher à rattacher les effets à leurs causes. Les tendances au suicide, à l'homicide, à l'incendie, que je viens d'étudier, sont, comme la propension au vol, les symptômes d'une maladie principale dont il nous importe de poser le diagnostic. J'ai cité, à propos de la propension au vol, les circonstances pathologiques dont ce symptôme pouvait être l'indice. Je n'ai pas parlé de l'hérédité, me réservant, dans la patbologie spéciale, de signaler ces individus aux instincts congénitaux dépravés, et qui se rattachent à une des variétés de la folie héréditaire. Ces sortes d'aliénés constituent une classe dangereuse, imparfaitement connue ; ils sont les représentants maladifs des plus mauvaises tendances de l'esprit, des plus déplorables égarements du cœur humain. Ce sont des natures dégénérées, pour me servir d'une expression que j'ai le premier employée à leur égard, et dont la place n'est encore bien marquée, ni dans le domaine de la science, ni dans celui de la justice criminelle.
Perversion des instincts génésiques {érotomanie , nymphomanie, satyriasis, fureur génitale érotique de Marc; aido'imanie du même auteur, de a\hT<x, pudenda, parties honteuses, et de pavéa, manie). — Je ne veux pas soulever le voile de toutes les dépravations du sens génésique qui peuvent précéder la folie, déterminer cette maladie et parfois en être la
(1) Marc, De la folie considérée dans ses rapports avec le* questions médico-judiciaires. Paris, 1810.