DES ACTES DÉLIRANTS AU POINT DE VUE DU DIAGNOSTIC
variétés des aliénations héréditaires* (Voyez Classification, Aliénations héréditaires, 2e et 3e classe, p. 259.)
Ces considérations nous amènent à conclure que dans l'immense ma- 1 jorité des cas il est toujours possible, grâce à l'observation des faits pathoogiques, grâce à l'étude de leur enchaînement et dépendance réciproques, de rattacher les tendances dépravées pour les boissons alcooliques à leur véritable cause génératrice. Il n'est pas nécessaire de créer une ma- . ladie mentale, une monomanie dont le caractère principal serait un entraînement irrésistible pour les boissons fermentées. La tendance aux boissons n'est, le plus ordinairement, que le symptôme d'une maladie principale, lorsque surtout cette propension s'est développée tout à coup chez des personnes qui jusqu'alors n'avaient rien montré de pareil.
Ce que je dis à propos du penchant irrésistible aux boissons alcooliques peut et doit s'appliquer aux autres situations maladives qui, pour quelques médecins, forment des entités pathologiques distinctes : je veux parler des monomanies suicide, homicide, incendiaire et de la kleptomanie. Il m'est aussi impossible de faire une maladie spéciale de cet entraînement irrésistïbfe qui porte les individus à la boisson, qu'il me l'a été de trouver une affection mentale distincte dans cet instinct aveugle, dans ce quelque chose d'indéfinissable qui porte certains individus à tuer. Le suicide, le meurtre, l'incendie, le vol, les tendances dépravées pour les boissons et > les conséquences qui en résultent, sont les faits qui amènent le plus ordinairement les aliénés devant la justice. Or, ma conviction intime est que tous ces actes sont les symptômes d'une maladie mentale dont les véritables caractères pathologiques peuvent être démontrés. Dans les cas de ce genre, l'exposition méthodique des faits maladifs n'est pas seulement de nature à dissiper les doutes de la justice, a donner au médecin expert une autorité que personne ne peut lui contester, mais elle place la question sur le terrain médical qui lui est propre; elle imprime au diagnostic et au pronostic la certitude qui autrement leur fait défaut.
Conclusions. — J'ai démontré que les actes dangereux commis par les aliénés étaient en rapport avec telle forme de maladie plutôt qu'avec telle autre et avec des phases déterminées de la même affection.
L'aliénation a ses périodes d'incubation, de développement, de rémission, de déclin et de terminaison.
A chacune de ces phases correspondent des idées délirantes et des actes de même nature dont le caractère est significatif.
Comme dans toutes les maladies à évolution lente et qui se signalent par des crises périodiques, par des intermittences et par des rémissions parfois très longues, il est souvent sage et prudent de suspendre son juge-