DE LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE D'OBSERVATION
les troubles delà raison, sur les perversions de la sensibilité et sur les autres phénomènes propres aux aliénés, il est nécessaire de faire la part de ce qui revient à la maladie elle-même, et de ce qu'il est juste de rapporter au milieu où vivent les aliénés et aux traitements exercés à leur égard. C'est pour n'avoir pas tenu compte de ces deux situations qu'un si grand nombre d'idées fausses et d'appréciations erronées ont été émises sur les caractères, les mœurs, les habitudes et les délires prédominants des aliénés, ainsi que sur les chances de la guérison.
Je n'ajouterai rien de plus en ce moment aux considérations qui viennent d'être produites. Je me contenterai de dire que les erreurs et les préjugés auxquels je fais allusion sont inévitables en dehors de l'observation médicale. Je n'en fais pas un reproche à ceux qui en sont entachés. Mais comme, d'un autre côté, beaucoup de personnes sont appelées à intervenir dans les décisions à prendre sur la séquestration et l'interdiction des aliénés, sur la responsabilité des actes qu'ils commettent alors qu'ils sont en liberté, sur le traitement à suivre à leur égard, il est nécessaire que les idées saines concernant l'état intellectuel physique et moral de ces malades se propagent, et qu'une foule de préjugés ayant trait à la prophylaxie et à la thérapeutique des affections mentales s'évanouissent et se dissipent.