‹ Traité des maladies mentaleChapitre 271 sur 500 · ANALYSE DU SANG. — SÉCRÉTION SPERMAT1QUE · texte numérisé non relu

ANALYSE DU SANG. — SÉCRÉTION SPERMAT1QUE

2° La crase fibrineuse (augmentation du chiffre de la fibrine) est également très rare dans la folie pure, c'est-à-dire dégagée de toute complication susceptible de modifier les proportions de ce principe du sang.

3° La crase séreuse qui coïncide avec la diminution de la masse du sang, et dont le degré le plus élevé constitue la chlorose, est celle qui est la plus commune chez les aliénés. Elle s'y manifeste par un pouls fréquent et | débile, des bruits de souffle dans les artères, et une diminution de la i quantité de substances solides de l'urine. Dans la plupart des cas, elle j coïncide avec la pléthore cérébrale, qui, lorsqu'elle est combattue par les émissions sanguines, engendre une asthénie considérable. Cette forme de crase séreuse, dit le médecin allemand dont je cite les conclusions, a principalement lieu dans la manie et la monomanie, et devient quelquefois cause de l'aliénation mentale.

Dans son travail communiqué à l'Académie des sciences (20 novembre 1868), De l'état du sang dans la paralysie générale, M . le docteur Miohéa dit que l'augmentation des globules (crase veineuse des Allemands) existe dans la majorité des cas. Ce médecin en déduit des conséquences sur lesquelles j'aurai à revenir dans le traitement de cette affection, à propos de l'opportunité delà saignée dans les cas de ce genre; mais, ici, je suis de l'avis de 1 M. Limier, et je ne crois pas que les recherches de M. Michéa puissent infirmeries inductions thérapeutiques de M. Erlenmayer, qui s'accordent généralement avec les faits cliniques.

Je ne connais en France aucun ouvrage étendu et complet sur la constitution chimique du sang dans les névroses. M. le docteur Marchand (de Sainte-Foy) a fait sur la composition du sang un travail dont il n'a 1 donné que les conclusions. J'en parlerai à propos de la folie hystérique. Tout ce que je puis dire d'avance, est que le système pathologique de l'auteur, à propos de la production des névroses, repose sur le fait de la diminution excessive des globules du sang dans certains cas (aglabulie), et de leur augmentation dans d'autres : c'est ce qui constitue la phéthore (hyper giobulie). Uaglobulie est, d'après l'auteur, une maladie excessivement commune, représentée par la chlorose et par la plupart des névro- ; patines hyslériformes chez la femme, et par certaines variétés d'hypochondrie chez l'homme. Le chiffre des globules dont la moyenne est de 125 pour 1000, peut tomber à 21, comme l'a constaté M. Andral, et M. Marchand l'a vu descendre à 43 .

Sécrétion spermatique. — On ne peut mettre en doute que la consta- ; tation des faits de l'ordre physiologique et pathologique ne soit de nature à rectifier bien des idées erronées sur les habitudes, les mœurs, les tendances des malades en général, et les manifestations délirantes des aliénés

INFLUENCE DES NÉVROSES SUR LA SÉCRÉTION SPERMATIQUE. il51

en particulier. J'ai déjà eul'oecasion de signaler la rareté delà nymphomanie et du satyriasis chez ces malades. Un observateur des plus érninents, qui a fait de l'étude des fonctions physiologiques chez les aliénés le but principal de ses recherches, M. le docteur Jacobi, a constaté que chez

j vingt-neuf maniaques du sexe masculin, on n'a remarqué des excitations erotiques bien prononcées que chez quatre d'entre eux. Chez quarante femmes, l'excitation erotique ne se montra que cinq fois d'une manière évidente. La plupart de ces femmes étaient devenues aliénées à la suite de couches. J'ai déjà signalé les complications pathologiques dans lesquelles on observait 1 erotisme, et j'aurais pu y ajouter les affections de

i la peau. J'ai observé deux cas de folie avec tendances érotiques très prononcées, chez deux femmes atteintes de maladies cutanées. Les exacerbations de l'une coïncidaient invariablement avec la période aiguë dans la manifestation d'une acné : c'était une femme jeune encore et qui appartenait à un ordre religieux. L'autre était une femme de cinquante-cinq ans, atteinte d'une espèce d'ichthyose,etdont les manifestations érotiques allaient jusqu'à la nymphomanie. Les rémissions et les exacerbations de cette affreuse vésanie étaient pareillement en rapport, chez l'une et l'autre de ces nymphomanes, avec la marche de la maladie cutanée.

Dans un opuscule qui a eu dans son temps beaucoup de retentissement, et qui est intitulé : Experimentum nascens de rcmcdio specifico in mania virorum (Vienne 1770), Avenbrugger prétend établir, par des observations spéciales, qu'il existe une l'orme de manie erotique dont l'indication principale est d'être combattue par le camphre. Cette forme de vésanie se montrerait surtout chez des individus dont le pénis est petit,

, rétracté et peu courbé en avant. On observe encore, dit-il, chez ces fous erotiques une rétraction ou espèce de ratatinement du scrotum. Les deux testicules se rapprochent beaucoup de l'anneau inguinal, si parfois ils ne

; le dépassent pas. L'appareil génital, pris dans son ensemble, dénote une température inférieure à celle des parties environnantes. Enfin, chez ces mêmes individus, on remarquerait un tremblement particulier des doigts et une forme particulière de la main. M. Jacobi a eu la patiéncede rechercher tous ces signes chez les aliénés maniaques de l'asile de Siegbourg, et il avoue ne les avoir jamais trouvés réunis. Je puis en dire autant, d'après mes propres recherches .

Mais pour que tout ce qui a été dit, sous ce rapport , ait une base réelle, il faudrait admettre que le développement anormal des tendances érotiques est toujours en rapport avec les perturbations que la folie amène dans les diverses fonctions de l'économie. Or, l'observation nous enseigne qu'il est loin d'en être ainsi. S'il est des cas, ainsi que je l'ai démontré, où les len-

Ub'2 SÉCRÉTION SPÉRMAT1QUË.' — MENSTRUATION.

dances erotiques surgissent avec une intensité spéciale, j'ai lieu de croire qu'en règle générale il n'en est pas ainsi, surtout dans les périodes de dépression de la folie. J'ai connu des mélancoliques hypoeliondriaques dont l'état spasmodique douloureux n'avait pas seulement pour résultat de tarir la source des larmes, d'amener des désordres dans les sécrétions générales de l'économie, mais de troubler d'une manière spéciale la sécrétion spermatique. J'ai vu ces individus, revenus à l'état de simples hypo-< chondriaqUes, chercher en vain à accomplir l'acte du coït. Quand ils en arrivaient à l'érection, en surexcitant la vivacité de leur imagination, ils ne pouvaient cependant satisfaire leur appétit vénérien. Cette condition les plaçait même dans une situation tellement perplexe, qu'ils ne voyaient plus de remède à leur mal que le suicide, et je pourrais citer des actes de ce genre accomplis dans les circonstances que je viens d'indiquer.

J'ai lieu de croire que les fonctions génératrices sont même altérées! d'une manière plus radicale dans les conditions que font aux malades la folie et les névropathies diverses dont ils peuvent être atteints. Cette question a déjà été envisagée par moi au point de vue des dégénérescences dans l'espèce humaine, et j'ai pu m'expliquer la stérilité qui, dans beaucoup de circonstances, frappait également, et les malades qui subissaient des situations pareilles, et ceux qui en ressentaient héréditairement les influences fatales.

Menstruation. — J'ai longuement traité des troubles des fonctions menstruelles comme cause d'aliénation [Etiologie, p. 190); je n'ai qu'à dire un mot de l'influence exercée par la folie sur l'importante fonction de la menstruation. Un nombre considérable de faits observés me porte à conclure que quoique la menstruation ne soit pas, en règle générale, interrompue chez les femmes aliénées, néanmoins elle se ressent des perturbations que l'on remarque dans d'autres sécrétions de l'économie. Lorsque la folie est en voie d'évolution, les règles sont moins souvent interrompues qu'on ne pourrait le supposer; mais quand elles apparaissent, il est rare qu'il n'y ait pas chez les malades un redoublement dans leurs exacerbations, ainsi qu'une manifestation plus grave dans leurs tendances dépravées. Si le retour périodique des règles chez les jeunes femmes détermine un état de rémission dans leurs accès, on doit regarder cette situation comme un symptôme favorable.

Mais il peut arriver aussi qu'étant donnée une perturbation physiologique qui se trouve vis-à-vis d'une perturbation intellectuelle dans les rapports de cause à effet, le retour de cette fonction physiologique n'amène cependant pas inévitablement le retour delà fonction intellectuelle.

Ce que j'ai observé sous ce rapport pour la menstruation dont If retour

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