‹ Traité des maladies mentaleChapitre 293 sur 500 · DE L'ÉTAT DÉSIGNÉ SOUS LE NOM DE STUPIDITÉ · texte numérisé non relu

DE L'ÉTAT DÉSIGNÉ SOUS LE NOM DE STUPIDITÉ

réagir sur le physique, il est aussi d'autres cas où elles sont trop profondément troublées et donnent aux maladies accidentelles une physionomie spéciale. Sans doute on ne trouvera pas des différences telles qu'on pourra en faire des maladies tout à fait distinctes; mais n'en est-il pas de même, pour la pathologie de l'enfance et de la vieillesse, qui a de si nombreux rapports avec celles de l'âge adulte? (Thore, Maladies incidentes, clans Annales médico-psychologiques, t. III, p. 23.)

De l'état désigné sous le nom de stupeur ou stupidité. — Lorsqu'on

parcourt les asiles d'aliénés, on voit un certain nombre de malades qui, par leur immobilité, par l'absence de toute manifestation intellectuelle, par l'état d'hébétude et de consternation que reflète leur physionomie, nous représentent cette situation décrite par Félix Plater sous les noms de hebetudo, stupiditas, mentis consternatio. Sous le nom d'idiotisme, Pinel a fait allusion à certains états de stupeur, et Esquirol les aurait indiqués comme une variété de la démence. M. Baillarger a fait de cet état une variété spéciale d'aliénation sous le nom de stupidité.

L'observation attentive des faits, loin de changer sous ce rapport mon ancienne manière de voir (1), ne fait que la confirmer. Je pense, que l'aliénation puise dans l'élément névropathique qui constitue son essence les conditions suffisantes pour nous offrir dans ses périodes initiales, dans sa marche et sa terminaison, ces états désignés sous les noms d'hébétude,! de stupeur, stupidité, et qui, dans quelques cas, offrent de l'analogie avec l'extase et la catalepsie. Je ne puis les regarder autrement que comme une modification accidentelle de la fonction nerveuse, ou comme unei complication de la maladie principale.

Une cause morale, telle que l'annonce subite d'une nouvelle douloureuse, imprévue, peut agir avec une si grande intensité sur l'esprit d'un individu, qu'il en résulte une suspension momentanée de toutes les fonctions cérébrales. La stupeur est, dans ce cas, un phénomène primitif; cet

(1) J'ai consacré, dans mes Études cliniques, t. II, p. 257, un grand chapitre à la question : De l'étal désigné sous le nom de stupidité. Cet état doit-il être considéré comme un type particulier d'aliénation mentale? N'est-il pas plutôt une forme qui complique les principales perturbations intellectuelles ? .le renvoie à ce travail où j'ai longuement discuté l'opinion des auteurs. Il m'est impossible, vu l'importance des matières qui me restent à traiter, d'entrer actuellement dans d'aussi grands détails. Je dois, du reste, autant que possible, éviter les questions qui prêtent un côté trop considérable à la polémique, et, laissant la controverse, n'examiner que le côté pratique des choses. On consultera avec fruit le travail publié sur ce sujet en 1835, par M. Étoc Demazy, ainsi que les travaux plus récents de M. Baillarger. Il existe aussi sur le même sujet une excellente thèse de M. le docteur Sauze, médecin-adjoint de l'asile des aliénés, à Marseille : lie lu Stupidité, de sa nature psychologique et de son traitement (Paris, 1852).

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