LA CATALEPSIE CONSIDÉRÉE COMME SYMPTÔMES D'AFFECTIONS DIVERSES
des gestes, levant les yeux au ciel et se livrant à des démonstrations mys- 1 tiques. Aujourd'hui elle nous présente à peu près les mêmes symptômes, i Elle a la tête baissée, les cheveux en désordre; elle garde obstinément les yeux fermés, et ne veut répondre à aucune de nos questions. Dans certains moments elle prend des poses d'illuminée, regarde fixement le! ciel et semble absorbée dans la contemplation de quelque chose de sur-l naturel. Si l'on change ses bras de position, ils gardent celle qu'on leur a fait prendre, comme dans la catalepsie. La malade refuse obstinément toute espèce de nourriture.
Le lendemain de son entrée, nous la trouvons, à la visite du matin, couchée sur son lit, les bras étendus en croix et offrant une rigidité tétanique. Les efforts les plus énergiques peuvent à peine déranger la situation des membres, et amener une demi-flexion qu'ils abandonnent bientôt pour reprendre leur position première. La sensibilité semble anéantie ou du moins beaucoup- diminuée; des piqûres d'épingle ne font pas jeter à cette femme le moindre cri de douleur, et ce n'est guère qu'à la région temporale qu'il se révèle une légère sensibilité.
Soumise à l'influence de l'éthérisation, la malade reste dans le mutisme qu'elle avait gardé jusque-là; ses membres perdent leur roideur; elle ouvre des yeux ébahis, et consent à avaler quelques gorgées de liquide; mais, dès que l'influence de l'éther cesse de se faire sentir, cette femme retombe dans son état de rigidité musculaire.
Pendant les huit jours qu'elle passe à l'asile, la malade reste dans son lit, prenant des poses plus ou moins bizarres, ayant les yeux presque toujours fermés ou bien fixés sur un point quelconque, ne répondant à aucune des questions qu'on lui adresse, et refusant toute espèce d'aliment solide. Dans les deux ou trois derniers jours de son existence, nous trouvons le pouls plus fréquent, la peau se couvre d'une sueur visqueuse dont l'odeur est très pénétrante. La mort arrive après le huitième jour.
Autopsie. — Les membranes cérébrales sont fortement injectées, les sinus de la dure-mère sont gorgés de sang. L'arachnoïde s'enlève assez facilement, mais elle est épaisse et fortement injectée. La substance corticale présente à la coupe un pointillé rouge très abondant Des traces d'inflammation dans l'intestin et le poumon droit, un cœur petit, tirs consistant, revenu sur lui-même, comme par l'effet d'une contraction violente, résument les désordres qu'il nous a été donné de constater chez cette aliénée en dehors des lésions cérébrales proprement dites.
Si je rapproche maintenant cette observation de celles que j'ai colligées avec grand soin chez les auteurs, je ne puis m'empècher de voir, dans la grande majorité des cas désignés sous le nom de catalepsie, des symptômes