‹ Traité des maladies mentaleChapitre 297 sur 500 · DU PRONOSTIC DANS SES RAPPORTS AVEC LA NATURE DE LA FOLIE · texte numérisé non relu

DU PRONOSTIC DANS SES RAPPORTS AVEC LA NATURE DE LA FOLIE

manière si déplorable sur leur dégénérescence intellectuelle, physique et morale.

Les transformations maladives amenées par l'épilepsie , l'hystérie , l'hypochondrie, sont de nature très grave, lorsqu'elles se compliquent de systématisation délirante fixe, de tendance au suicide et à l'homicide, de propension irrésistible à des actes excentriques, désordonnés, dénotant une grande perversité instinctive et se manifestant d'une façon périodique. Les folies sympathiques se reliant le plus ordinairement à des perturbations de l'ordre physiologique, on conçoit que le praticien se! trouve sur un terrain favorable à l'intervention de l'art médical. Les: guérisons sont nombreuses dans les folies qui se rattachent aux perturbations sympathiques exercées sur le cerveau par la grossesse, les suites de couche, la menstruation, par les troubles divers et si nombreux des fonctions intérieures et assimilatrices : Sublata causa, tollilur effectua Mais la situation devient critique, lorsque la cause ayant été efficacement combattue, le délire persiste et se montre comme le symptôme d'une affection cérébrale idiopathique. Il est à craindre, dans ces cas, que la cause déterminante ne soit compliquée d'une cause prédisposante de nature insidieuse, comme l'hérédité, par exemple.

Les folies idiopathiques présentent, à certaines périodes de leur évolution, une incontestable gravité. Si les troubles intellectuels en rapport avec la simple congestion du cerveau, l'hypérémie de cet organe, peuvent être combattus avec succès, il n'en est plus de même lorsque le désordre des idées coïncide avec la formation et l'existence des fausses membranes de l'arachnoïde, avec des épanchements et des exsudations plastiques, avec le ramollissement de la pulpe cérébrale, ainsi que les transformations dégénératives de cet organe. Le mot seul de démence emporte, au point de vue du pronostic, la plus triste des significations.

Du pronostic relatif aux symptômes et à la marche de la maladie. — Les vésaniesqui se compliquent de tendance au meurtre, au suicide, au vol, à l'incendie, ou à tout autre acte dépravé, sont, sans aucun doute, plus graves que les autres. Il s'en faut, néanmoins, que les aliénés meurtriers ou suicides soient incurables, ainsi que le veulent certains auteurs. J'ai constaté des guérisons éclatantes chez des individus qui avaient commis des suicides et des homicides ,1).

(I) A l'asile, dont j'ai été primitivement médecin en chef, était entrée vers 18:!.'> une femme qui, dans un accès de suicide compliqué d'homicide, s'était jetée à l'eau avec ses deux enfants. La femme fut sauvée, mais les enfants périrent. Cette femme guérit, se remaria et eut d'autres enfants. En 1850, elle vivait encore, et jamais, depuis sa sortie de l'asile, sa santé intellectuelle et morale n'avait été ébranlée.

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