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AVEC LES SYMPTÔMES ET LA MANCHE DE LA MALADIE

Les illusions et les hallucinations qui compliquent la folie ne font naître un pronostic funeste que lorsque ces symptômes tendent à se constituer d'une manière permanente, comme par l'effet d'une habitude cérébrale. Leur persistance, alors que les phénomènes d'excitation ont disparu , doit faire craindre que l'état chronique ne soit irrémédiable.

Les phases alternantes de dépression et d'excitation {mélancolie et marne des auteurs) ont fortement préoccupé les médecins au point de vue du pronostic.

Lorsque les phases de dépression se prolongent outre mesure, on peut redouter qu'elles ne soient l'indice d'une terminaison défavorable. Mais je suis de l'avis de M. Guislain, qui range parmi les exagérations, en fait de pronostic, la sentence de Lorry : Melancholiœ curatio perdiffici/is. Le savant médecin de Gand dont l'expérience est si consommée en fait de maladies mentales, range la tristesse morbide parmi les affections mentales qui admettent assez ordinairement une terminaison heureuse. Il dit aussi : « C'est la manie aiguë qui, parmi les différentes formes de l'affection de ce nom, guérit le plus souvent et avec le plus de promptitude. » (Guislain, ouvr. cit. , t. II, p. 23i.)

Le pronostic est d'autant plus favorable que les périodes de rémission sont de courte durée. Le retour régulier de certains phénomènes périodiques avec un caractère invariablement le même est d'un mauvais augure. La transition à la démence est imminente lorsque la périodicité se complique d'actes de plus en plus désordonnés, de dépravation dans les sentiments, de rires immodérés et sans motif, d'oubli de toutes les convenances, de monologues et d'une foule d'autres actes bizarres, excentriques, dangereux, qui, se séparant de plus en plus des causes génératrices de la folie, constituent cet état fixe, irrémédiable, nouveau, pour ainsi dire, eu égard aux habitudes antérieures du malade et à la marche ordinaire des maladies mentales, dont j'ai cru devoir faire un genre particulier, la démence {forme terminotive) (1). On doit être sur ses gardes, lorsque l'on constate, ainsi que dit Guislain, un affaiblissement peu rapide,

(1) C'est dans ces situations extrêmes que se manifestent ces oppositions continuelles des malades que M. Guislain désigne sous le nom de maladies des volitions: ne pas vouloir s'habiller, ne pas vouloir se déshabiller, ne pas vouloir rester dans son lit; vouloir se coucher sur les dalles ; ne pas vouloir changer de linge, ne pas vouloir parler, ne pas

vouloir manger, ne pas vouloir se laisser tàter le pouls, etc On peut encore ajouter ù

cette triste nomenclature les malades qui déchirent leurs vêtements, qui se lacèrent la figure, qui ramassent des ordures, qui mangent leurs excréments, qui ont des gestes automatiques, qui se balancent d'avant en arrière ou latéralement, etc. Toutefois ces symptômes sont moins défavorables lorsqu'ils se rattachent à un état aigu ; ils n'impliquent pas alors l'incurabilité.

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