DU PRONOSTIC RELATIF A LA FIXITE DU DÉLIRE
mais progressif, de l'intelligence, de la mémoire, un désordre complet dans les idées, amené d'une manière plus ou moins lente 11 est d'autres symptômes non moins alarmants, ajoute cet auteur : c'est l'absence de toutt pudeur, de toute affection de famille ; c'est la tendance à commettre des actes malfaisants; c'est, au point de vue physiologique, une profonde décoloration de la peau, un état congestif de la tète, l'hésitation dans la parole et dans la marche.
De quelques indications du pronostic relatives aux délires prédominant^ et aux idées fixes. — Aucun symptôme ne frappe autant les personnel du monde, les parents des malades, que la prédominance de certains délires, la fixité de certaines idées. Cela se conçoit facilement, car en dehors de l'observation médicale, il n'est pas toujours facile de rapporter le délire à sa véritable cause ; aussi est-il naturel de mesurer la gravité du mal à l'intensité et à l'extension plus ou moins grande du délire. Mais, ici encore, les appréciations faites en dehors des connaissances positives1 que donne l'étude de la pathologie de la folie amènent de toute nécessité! à de nombreuses erreurs de diagnostic et de pronostic.
Rien de plus commun que d'entendre dire aux parents : « Notre malade n'est pas fou, il n'a qu'une idée fixe sur un point; en dehors de cette idée,' il est parfaitement calme et raisonnable. » Cependant l'observation nous apprend qu'il n'est pas en aliénation d'état impliquant un pronostic plus I grave que celui des idées fixes.
« Plus les idées morbides, dit M. Guislain, seront concentrées sur un point, cum studio, d'après l'expression d'Hippocrate, et primeront les symptômes d'un état de mélancolie ou de manie, moins il sera permis d'espérer une terminaison heureuse... Plus les idées se rapporteront à la religion, à l'amour, au désir de commander, à la souveraineté, plus le rétablissement deviendra douteux... Les dieux, les saints, les papes, les empereurs ne guérissent pas, à moins que les idées relatives à ces transformations ne soient dominées par un état de mélancolie ou de manie (autrement dit par des périodes alternantes de dépression et d'excitation, par des phénomènes de rémission, par ce mouvement oscillatoire dont j'ai parlé et qui éloigne l'idée de chronicité, de démence imminente ). — Rien cle plus grave, ajoute l'auteur que je cite, que les idées fixes, dirigées sur des transformations corporelles; les cas de grenouilles, d'anguilles dans le ventre, d'insectes dons la tête, sont presque toujours désespérés, tout en laissant au malade la chance de vivre longtemps (1). »
(1) Voilà cependant le genre d'idées délirantes qui semblent amener le plus de sécurité dans l'esprit des familles. L'étude, des formes spéciales nous apprendra que ces sortes de