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DES INDICES ET DE LA CERTITUDE DE LA GUEÎUS0N

Quelques courtes réflexions sur les indices et la certitude de la guérison compléteront ce que j'ai à dire sur le pronostic.

S'il est vrai d'affirmer qu'il ne faut pas légèrement prononcer la formule : le malade ne guérira pas, tant la nature est féconde en ressources 1 imprévues, même dans les cas les plus désespérés, il serait peu équitable i de rayer du nombre des aliénés guéris les malades qui conservent, même après leur rentrée dans le monde, quelques-uns des caractères i propres à leur affection, comme seraient un certain affaiblissement de la . mémoire et de la volonté, une impossibilité plus ou moins grande de j reprendre leurs habitudes ou de remplir leurs fonctions sociales antérieures, une irritabilité plus ou moins vive, une certaine disposition imsanthropique. Il est des guérisons relatives, et je m'associe complètement sous ce rapport aux sages et humaines réflexions d'Esquirol. I « 11 est des fous, dit-il, qu'on ne peut guérir que jusqu'à un certain point. fies individus restent d'une susceptibilité telle que les plus légères causes provoquent des rechutes (1), et alors ils ne conservent leur raison qu'en restant éloignés de la société, dans une maison où nulle secousse morale, nulle inquiétude, nul événement ne les exposent à retomber dans leur premier état. Il en est d'autres dont le cerveau, et par conséquent la raison, a éprouvé une telle atteinte, qu'ils ne peuvent plus reprendre le rôle qu'ils jouaient dans le monde. Ils sont très raisonnables, mais ils n'ont plus assez de tête pour être militaires, pour conduire leur commerce, pour diriger leurs affaires, pour remplir leurs emplois ou leurs charges. On peut compter ces individus pour un vingtième parmi ceux qui recouvrent leur raison. » (Esquirol, t. I, p. 9fJ.)

Il faut bien reconnaître aussi qu'il est un assez grand nombre d'aliénés guéris qui conservent plus ou moins longtemps un caractère irritable, sauvage, misanthropique. Ce symptôme se traduit par l'ingratitude envers ceux qui les ont soignés, par un mécontentement très vif envers les parents ou les amis qui ont provoqué leur isolement dans une maison de santé. Leurs récriminations seront d'autant plus vives, qu'ils auront con-

délires se rapportent tantôt à la paralysie progressive des aliénés, tantôt a,ux variétés héréditaires, et particulièrement aux transformations les plus fatales de la névrose hypochondriaque.

(1) « Mais les rechutes sont si fréquentes, répète-t-on de toutes parts; tant il est vrai qu'il est aussi difficile, dit Esquirol, de dissiper la frayeur de l'esprit de l'homme que d'établir l'espérance dans son cœur. 11 ne faut pas, ajoute ce sagace médecin, confondre

les rechutes avec de nouvelles folies » Les praticiens savent que ceux qui ont eu des

lièvres, des phlegmasies, etc., sont, plus que les autres individus, exposés à contracter ces mêmes maladies, parce qu'un organe une fois affecté est, par là même, plus dispose à être affecté de nouveau et de la même manière.

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