DES INDICES ET DE LA CERTITUDE DE LA GUÉR1SON
serve le souvenir, ainsi que cela arrive a un grand nombre, des idées délirantes qui ont occupé leur cerveau, des illusions ou hallucinations qui les ont tourmentés, et souvent aussi, il faut bien l'avouer, des mauvais traitements auxquels ils ont pu être soumis de la part île leurs gardiens. On ne doit pas ignorer non plus que la prolongation de l'état de délire suscite parfois des dispositions spéciales à examiner les choses sous un point de vue faux et erroné, et que le trouble extrême des affections peut entretenir dans le cœur des individus des dispositions hostiles envers leurs parents, leurs amis, la société.
M. Guislain fait ressortir que M. le docteur F. Voisin aémis une incontestable vérité, quand il a dit que le retour de la raison, delà faculté dt raisonner, n'annonce pas la guérison du malade, surtout lorsque ceretoui se fait brusquement et que, selon l'expression du savant médecin d( Bicêtre, le cœur reste sec. Néanmoins la rénovation des sentiments, l'appréciation plus juste des choses de la vie ne se fait parfois que par de; gradations insensibles, et sous l'influence du temps, ce grand modificateur de l'impressionnabilité nerveuse.
Le pronostic est fatal lorsque le malade, revenu en apparence ij l'exercice de sa raison, continue à être irrégulier et désordonné en se: actes, lorsque surtout, il ne veut pas reconnaître qu'il a été aliéné, et qu'i cherche a justifier ses idées délirantes par des appréciations fausses ridicules, qui tendent souvent à faire rejeter les conséquences des fait: accomplis sur son entourage ou sur des personnes complètement innocentes. C'est là le caractère propre des délirants par persécution, et l'on ; lieu, dans les cas de ce genre, de redouter de nouvelles exacerbation délirantes et des manifestations d'actes très dangereux.
Mortalité des aliénés. — Rien ne prouve mieux la solidarité des trou bles de l'intelligence et des maladies, ainsi que des souffrances de l'organisme, que la mortalité plus grande des aliénés, comparée à celle de individus recueillis dans les hôpitaux ordinaires. Les maladies qui ter-, minent le plus ordinairement l'existence des aliénés, dit Esquirol, son l'inflammation des méninges, la fièvre cérébrale, l'apoplexie, les lésion: organiques du cerveau, du thorax, de l'abdomen. On peut compter dit-il, deux huitièmes d'affections encéphaliques, trois huitièmes di maladies de l'abdomen, en y comprenant les dévoiements colliquatifs le marasme sans lésions organiques.
La moyenne exacte de la mortalité chez les aliénés serait difficile i donner, en raison des nombreuses circonstances qui peuvent en aug menter ou diminuer le chiffre. En 1786, Tenon, à Paris, le fixe de I à 1 1 Pinel, faisant abstraction des démences séniles, le porte de 1 à 20 v