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HYPÉRÉMIE (CONGESTION ACTIVE, CONGESTION PASSIVE

juste d'admettre que tous les aliénés, ceux surtout qui reviennent à la raison, aient jamais eu la tète congestionnée d'une manière intermittente et, à plus forte raison, permanente ? C'est là une manière de voir que l'on ne peut appliquer indistinctement à la généralité des cas; je n'en excepte pas même les cas de fureur extrême qui peuvent se reproduire, ainsi que nous l'avons vu, dans les conditions d'innervation produites par l'anémie, la chlorose et l'épuisement. Ces situations pathologiques excluent ordinairement l'idée d'un état congestionnaire du cerveau.

M. Guislain dit avec raison que si rien n'est plus facile que de découvrir l'engorgement vasculaire après la mort, rien ne demande aussi un sens pratique plus exercé que de pouvoir faire une juste appréciation de cet état sur l'homme vivant . Sans doute, le diagnostic peut s'établir avec facilité quand l'état congestif est considérable, qu'il a acquis un certain développement; mais rien n'est plus difficile à constater quand la congestion n'est qu'à son premier degré d'évolution.

« Dire d'un aliéné : Voilà un cerveau qui se congestionne, voilà des méninges qui s'engorgent, qui s'enflamment, c'est ce que ne peut tout médecin, alors même qu'il compte de nombreuses années d'exereice. »

« Le cerveau, les membres peuvent se congestionner, ajoute M. le docteur Guislain, sans que pour cela il y ait ce qu'on nomme un état inflammatoire. Si l'inflammation était toujours une condition de la congestion, lors même qu'on croit qu'elle existe, verrait-on ces nombreuses guérisons qui se constatent chez les maniaques sanguins, robustes, offrant dans le cours de leurs maladies des symptômes qu'on regarde souvent comme inflammatoires et qui ne sont au fond qu'un orgasme vasculaire et non pas un état phlegmasique? C'est ce que Broussais a senti en donnant à cet état la qualitication de subinflammation. C'est un afflux de sang qui peut, en quelque sorte, être comparé à l'injection des joues qui accompagne la honte et la pudeur, à cette injection qui se fait remarquer clans les yeux, sur toute la face, au cou, jusque sur la poitrine de l'homme agité par une violente colère.... La congestion reconnaît deux conditions essentielles qu'il importe de poser : elle est active, artérielle ; elle est un état inflammatoire ou voisin de ce dernier; ou bien elle estime congestion passive, une congestion veineuse. » (Guislain, Leçons orales, xve leçon, t. I, p. 365.)

Hypérémic (de wjtèp exprimant surabondance, et «I,u«, sang ; congestion active, congestion passive). — Disons d'abord qu'il est difficile de ne pas admettre la possibilité de l'hypérémie cérébrale, que le savant Abercrombie parait cependant avou mise en doute (1). M. le docteur Grie-

(1) Maladies de V encéphale , par M. Gendrin. Paris, 1835, p. 432.

50;4 de l'hypérémie active.

singer, clans un ouvrage que j'ai déjà cité (1), dit justement que la preuve de cette condition pathologique de l'hypérémie est donnée par l'étude des faits anatomiques. On conçoit, en effet, que la masse du sang puisse augmenter dans le cerveau sans qu'il en résulte toujours une compression notable de cet organe. Le résultat le plus immédiat sera une diminution du liquide encéphalo-rachidien qui, dans ce cas, est refoulé dans le canal vertébral. Sans doute Abercrombie a raison de soutenir qu'il se produit des stagnations sanguines sans augmentation corrélative de la masse du sang. 11 est une condition pathologique qui peut rendre compte du phénomène, c'est l'affaiblissement de la circulation artérielle dans le cerveau. Cet affaiblissement tient lui-même à deux causes principales : 1° diminution dans le degré de force des contractions du cœur ; 2° ossification des artères. Les vaisseaux ayant perdu en tout ou en partie leur contractilité et leur élasticité, il s'ensuit que la lenteur de la circulation du sang dans le cerveau ne se fait pas sans amener une prédominance de l'élément veineux ; et cette prédominance, comme le fait justement remarquer M. Griesinger, n'est pas sans influence sur les grandes fonctions de l'économie ; il ne saurait en être autrement.

L'hypérémie active se rattache difficilement à une théorie satisfaisante, soit que cette suractivité ait lieu clans le cerveau ou clans un autre organe. Je sais qu'on peut invoquer comme cause d'hypérémie pour le cerveau l'hypertrophie du ventricule gauche du cœur avec rétrécissement corrélatif de l'aorte descendante; mais ce fait ne peut être généralisé, il n'est qu'une exception. Nous en sommes réduit, après avoir étudié les nombreux éléments étiologiques de l'ordre physique et de l'ordre moral qui influent sur les fonctions cérébrales des aliénés, à appliquer à ces malades l'aphorisme : Ubi stimulus, ibi (luxus.

Un fait incontestable et dont M. le docteur Aubanel a tiré un grand parti dans l'explication des fausses membranes de l'arachnoïde, c'est la relation intime qui existe entre ces productions pathologiques et la disposition congestive chez les aliénés. Ce sont précisément les déments et les paralysés généraux qui nous présentent à l'autopsie les fausses membranes de l'arachnoïde, avec les conséquences naturelles de ces productions morbides sur les fonctions cérébrales, et partant, sur les manifestations de l'intelligence. « Or, dit M. le docteur Aubanel, il existe presque constamment chez ces aliénés, dès le début de leur maladie, une. disposition singulière aux congestions cérébrales. Ce sont elles, ajoute ce sagaceobser-

(1) Die Pathologie und Thérapie der psychischen Krankheiten, § lxxiii, p. 122. — Die GchirnypefOmie und derej} ntichsten Ursachen (De l'hypérémie du cerveau el de ses

causes prochaines).

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