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HYPÉRÉMIE PASSIVE (PRÉDOMINANCE DU SANG VEINEUX

vateur, qui marquent, dans bien des cas, le développement de la paralysie. Ce sont elles qui hâtent le développement de cette affection mentale, et c'est presque toujours de leur fréquence, de leur répétition, de leur intensité que naissent les accidents promptement mortels. Cela étant, on comprend que ces raptus ne se bornent pas toujours à une simple arapliation des vaisseaux encéphaliques, et que, par suite de cette plénitude vasculaire, il peut arriver que du sang soit exhalé dans la cavité de l'arachnoïde, soit en petite quantité, soit sous forme pour ainsi dire d'une exsudation sanguine qui tapissera en couche extrêmement ténue un des feuillets de la séreuse, soit en plus grande abondance, et formant, dans ces cas, de vastes épanchements méningiens (1). »

Les conséquences naturelles de ces épanchements sous et intra-arachnoïdiens sont celles que l'on peut observer dans les hémorrhagies cérébrales proprement dites, si on les examine au point de vue des dispositions maladives une fois acquises aux afflux sanguins périodiques. On peut dire sans trop de présomption que l'hypérémie active trouve alors son explication naturelle dans les conditions pathologiques faites au cerveau par un premier épanchement et par la formation de fausses membranes, qui sont des causes permanentes d'irritabilité : ubi stimulus, ibi fluxus. C'est là, encore une fois, l'explication la plus naturelle que l'on puisse donner de cette condition pathologique désignée sous le nom à' hypérémie active.

L'hypérémie passive (congestion par suite de prédominance du sangveineux) se présente bien plus souvent que l'hypérémie active. « Mon avis, dit M. Guislain, est qu'il y a chez les aliénés des congestions veineuses, indépendamment des congestions qui proviennent d'un orgasme nerveux.

L'explication de la congestion veineuse se trouve non-seulement dans les conditions pathologiques générales que la maladie imprime aux fonctions de l'organisme, mais dans d'autres conditions purement mécaniques, s'il est permis de s'exprimer ainsi. Au premier point de vue, on n'oubliera pas de rattacher l'état de congestion veineuse du cerveau aux profondes modifications imprimées à cet organe par les affections du cœur et du poumon, si fréquentes chez les aliénés. J'ai suffisamment fixé l'attention sur ce point important. (Étiologie, Délire dans ses rapports

(1) Des fausses membranes]de l'arachnoïde, et principalement de leur mode de formalion chez les aliénés, par M. le docteur Aubanel, médecin en chef de l'asile des aliénés de Marseille (Annales médico-psycholoniques, t. II, p. 53). J'aurai à revenir sur cet important travail dans la description de la paralysie progressive des aliénés (folies idiopathiques).

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avec les altérations du sang, les troubles de lu circulation, les maladies du cœur, etc., p. 157 et suiv.; De la congestion comme cause du délire, p. 127 et suiv. — Symptomatologie, Circulation, respiration, etc., p. UhO.)

Au deuxième point de vue, on se rappellera que dans l'inspiration, le sang' veineux, après avoir traversé les poumons, se précipite dans le ventricule droit du cœur, et cfue, sous l'influence d'une respiration gênée, embarrassée, les veines jugulaires s'engorgent, se gonflent. La stase du sang veineux dans les sinus cérébraux et dans les innombrables vaisseaux qui pénètrent cet organe, s'explique facilement en présence de pareils empêchements à la circulation générale. Il est inutile de remémorer, à ce propos, les conditions pathologiques dans lesquelles se trouvent les aliénés dans la période de dépression. J'ai suffisamment insisté sur les causes physiques et morales qui, dans la concentration douloureuse de l'idée sur un point fixe, s'opposent à la libre expansion du mouvement respi- 1 ratoire. Ces obstacles se rencontrent pareillement dans la période d'agitation où les cris des malades, leurs vociférations nuisent singulièrement aux bonnes conditions de l'hématose. Les symptômes de la congestion passive se trahissent par la faiblesse et l'irrégularité du pouls, par la pâleur de la peau, par l'état d'injection et de rougeur des extrémités, par les bourdonnements que ces malades ressentent dans les oreilles et par les nombreuses hallucinations qu'ils éprouvent (1).

<c Dans le même état de dépression , on trouve parfois, dit M. Guislain, les sinus et les veines de l'arachnoïde fortement engorgés ; mais rarement il est permis d'admettre une congestion active chez ces malades. Il ne faut pas perdre de vue non plus, ajoute cet excellent observateur, que la congestion peut n'être qu'apparente, et qu'elle tient parfois à une hypostase cérébrale formée dans les derniers instants. C'est ainsi que la partie de la tête sur laquelle le malade reposait à l'agonie est parfois gorgée de sang, tandis qu'ailleurs les veines sont vides. On observe sou-

(1) C'est dans l'étude de la pathologie spéciale que le médecin complétera son éducation et puisera les éléments de sa thérapeutique. Il n'est aucun praticien qui n'ait observé la facilité avec laquelle les congestions cérébrales s'organisaient, aussi bien sous l'influence d'une émotion vive et prolongée, que d'une perturbation dans certaines fonctions physiologiques. C'est dans cette période initiale qu'une saignée faite à propos peut conjurer bien des accidents ultérieurs. J'ai vu des épistaxis jouer vis-à-vis de situations pareilles le rôle de crise favorable. M. Griesinger fait observer avec raison que la saignée, bien loin de prévenir les accidents, les augmente dans les cas où la congestion veineuse est un fait consommé, habituel, chronique, et a donné lieu à des produits pathologiques nouveaux, tels que : œdème par infiltration séreuse, exsudation plastique, épanchemèhtt dans l'arachnoïde, formation de fausses membranes , adhérences des membranes arec la substance corticale ramollie, etc.

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