CONSÉQUENCES DE LA CONGESTION CÉRÉBRALE
vent des congestions dans les régions occipitales sur lesquelles le malade était couché au moment de rendre le dernier soupir. J'ai toujours trouvé les régions frontales moins congestionnées que les parties basses et les parties postérieures du cerveau. C'est faute de n'avoir pas pris en considération ce point d'anatomie pathologique, qu'on a cru souvent à une congestion cérébrale là où l'engorgement sanguin n'était qu'une stase vasculaire formée dans les parties les plus déclives du cerveau (1). »
(l) Guislain, outir. cit., p. 378. « J'ai soumis, dit M. Guislain, au microscope, la substance cérébrale congestionnée, et je me suis convaincu que le résultat anatomique de la congestion consiste dans un développement cellulaire. On dirait que les cellules primitives constituant la trame intime du cerveau subissent dans la congestion une certaine distension , qu'elles se gonflent par la présence d'un liquide.
» 11 existe une différence remarquable entre la substance cérébrale congestionnée et celle qui ne l'est pas. Dans la première, le cbamp microscopique se couvre d'une couche grasse mêlée de corpuscules que je crois être graisseux, puisqu'ils se dissolvent dans l'éther. Dans la substance congestionnée, tout le champ microscopique offre l'aspect d'une surface couverte de cellules de diverses dimensions , parsemées de corpuscules graisseux (que l'on observe aussi bien sur les cerveaux sains que sur les cerveaux malades), et qui, sur plusieurs points, se manifestent sous forme de strates. > (Ouvr. cit., t. I, p. 379.)
On voit, par ces citations, combien est grand le champ ouvert aux investigations anatomo-pathologiques. Je n'ai pas cru devoir, dans un ouvrage élémentaire, aborder l'histoire des recherches microscopiques, qui viendront, je n'en doute pas, apporter un jour leur contingent de faits aux observations que nous possédons déjà sur les diverses lésions et dégénérescences du cerveau dans leurs rapports avec les troubles de la motilité et de la sensibilité. Je ne désire, en ce moment, que fixer l'attention sur les lésions intimes du cerveau que l'avenir nous apprendra à mieux apprécier. Nous ne pouvons déjà plus nous en tenir aujourd'hui aux seuls résultats de l'inspection ordinaire des lésions pathologiques du cerveau, et devons de toute nécessité nous éclairer des progrès de la chimie et des études micrographiques.
Pour ce qui regarde, par exemple, l'état congestionnaire de la substance cérébrale, le docteur Skae, de l'asile d'Édimbourg, s'est occupé de la pesanteur spécifique comparée de la substance grise et de la substance blanche. Il est incontestable que les variations extrêmes de pesanteur doivent tenir à des conditions pathologiques spéciales. M. le docteur Sankey, de l'asile de Hanwell, a trouvé que le poids spécifique de la substance grise augmentait dans les cas aigus. Y a-t-il alors une addition de quelque matière plastique, comme dans la pneumonie, une distension, un gonflement des cellules cérébrales par la présence d'un liquide, comme le veilt M. Guislain? Cela est probable. La substance cérébrale n'est, pas plus que le parenchyme pulmonaire ou celui d'autres organes, à l'abri de certaines infiltrations, modifications pathologiques et de véritables dégénérescences. On sait que la pesanteur spécifique du foie varie suivant ses différentes conditions morbides; dans certaines dégénérescences graisseuses, il peut surnager dans l'eau. D'ailleurs, la diminution de pesanteur du cerveau dans la démence est un fait bien établi. Je serais porté à croire que l'inégalité de poids entre les deux hémisphères, constatée par notre regrettable collègue M. le docteur Follet, dans l'épilepsie, se retrouve dans d'autres