DES PRINCIPALES LÉSIONS DU CERVEAU CHEZ LES ALIÉNÉS
Les différentes lésions du cerveau qu'il est important de faire connaître, et sur lesquelles j'aurai soin de fixer l'attention dans la description des aliénations idiopathiques, sont, d'après M. Guislain : 1° l'état congestionnoire sanguin des méninges, du cerveau, des méninges et du cerveau; 2° l'état congestionnaire séreux des méninges, du cerveau, des méninges et du cerveau ; 3° le ramollissement cérébral; h" l'opacité de l'arachnoïde, son épaississement (formation des fausses membranes de l'arachnoïde) ; 5° les adhérences méningiennes, cérébro-méningiennes ; 6° l'induration cérébrale; 1° l'atrophie cérébrale; 8° les vices de conformation du cerveau et du crâne, dont j'ai déjà eu occasion de parler.
Ces diverses lésions peuvent, à la rigueur, être ramenées à quatre altérations fondamentales : la congestion sanguine, la congestion séreuse, le ramollissement , l'induration. Quant aux lésions d'autres organes que le cerveau, j'aurai soin d'en parler dans la description des folies sympathiques.
De quelques objections à la doctrine du rapport des lésions cérébrales avec les troubles et les désordres de la pensée. — Les deux principales objections qui aient été faites à la valeur des lésions cérébrales, dans l'explication de la folie, sont les suivantes : 1° La folie peut exister, parcourir ces différentes phases sans que les recherches cadavériques aient amené à constater une lésion cérébrale bien déterminée. 2° L'autopsie, dans d'autres circonstances, a démontré l'existence des plus graves lésions du cerveau, et cependant l'intelligence était restée saine ; tout au plus avait-on remarqué chez l'individu un délire partiel, qui n'était pas en rapport avec de profondes altérations de la substance cérébrale ou de ses enveloppes.
Je répondrai à la première de ces objections en m'appuyant sur des considérations très sages émises par M. le docteur Griesinger dans l'ouvrage que j'ai cité. Je serai très bref, puisque j'ai déjà laissé entrevoir les desiderata d'une étude pathologique plus approfondie des différentes altérations que le cerveau peut présenter. Ces altérations ne sont pas exclusivement réduites à celles qu'une investigation grossière nous fait trouver dans les différentes sections que l'on opère au moyen du scalpel ou de tout autre instrument. Dans une infinité de circonstances, les examinateurs superficiels ont laissé passer inaperçues les traces rudimentaires des pseudo-membranes du feuillet pariétal ou viscéral de l'ara-
variétés de folie. Sans doute il est impossible, en présence des faits, de ne pas admettre cette inégalité de poids entre les deux hémisphères, même à l'état sain ; mais quand j'ai constaté, après M. Follet, chez des ôpileptiques, chez des paralysés, chez des dégénérés, une différence de poids de 40, 50, et même 90 grammes, entre l'un et l'autre hémisphère, j'ai dû voir dans cette différence le point de départ d'un état pathologique.