‹ Traité des maladies mentaleChapitre 307 sur 500 · DES OBJECTIONS FAITES A LA VALEUR DES LÉSIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

DES OBJECTIONS FAITES A LA VALEUR DES LÉSIONS CÉRÉBRALES

chnoïde ; ils n'ont pris on considération ni les ostéophytes (1 ) , ni les nuances si diverses qui existent dans la coloration et la consistance delà substance grise. Oserait-on bien soutenir que les relations nécroscopiques que l'on va chercher dans les ouvrages des anciens auteurs pour soutenir une thèse inadmissible ont une grande valeur, lorsqu'on ne peut ignorer les progrès que les travaux des modernes ont imprimés à la pathologie générale et spéciale des divers systèmes nerveux (2) ? Se doutait-on, i! y a un quart de siècle à peine, des nombreuses modifications morbides dont ces appareils sont susceptibles, et croit-on que sous ce rapport la science ait dit son dernier mot?

Nous admettons que les recherches nécroscopiques dans quelques cas n'amènent aucun résultat, en conclura-t-on que le système nerveux n'a pas été modifié pathologiquement? De ce que l'état catarrhal et la dyspnée peuvent exister sans laisser de traces palpables dans les poumons, en inférera-t on, dit M. Griesinger, que dans la pneumonie ces symptômes ne sont pas les preuves d'une lésion des poumons? De ce qu'on a observé des crampes, des contractures , des paraplégies , sans inflammation constatable, à l'autopsie, de la moelle épinière, est-on en droit d'affirmer que ces symptômes, lorsqu'ils existent, ne doivent plus être considérés comme le résultat nécessaire d'une affection spéciale de la moelle? Tout ce qu'il est possible de conclure d'un grand nombre de faits relatés de folie sans lésion, c'est que ces observations appartenaient aux premières périodes des troubles cérébraux, et qu'ils étaient dus à ces états de congestion et d'hypérémie dont j'ai fait mention, et dont les traces peuvent disparaître après la mort (3).

Quant à la deuxième objection , celle de la conservation de l'intelligence avec les désordres cérébraux de la nature la plus grave, on con-

(1) Nom donné par Lobslein aux productions osseuses qui naissent quelquefois des lames profondes Ju périoste, dans le voisinage des portions d'os cariées.

(2) Je fais allusion aux travaux si remarquables de MM. Bayle, Lallemand, Fovillc, Parchappe, Durand-Fardel, Rokitansk-y, Bennett, Kasloff, Meckel, Hall, Rostan, Bergmann, Jacobi, et de tant d'autres célèbres médecins, physiologistes, aliénistes et anatoniopathologistes. L'examen comparé de tous ces travaux, les déductions qu'il est légitime d'en tirer au point de vue de nos études spéciales, suffisent pour former une branche importante de nos études spéciales ; ces recherches absorberaient à elles seules le temps qu'un auteur peut donner à la description des maladies mentales.

(3) Je vois souvent citées dans les auteurs les observations de démence avec paralysie portée au plus haut degré, que M. Lélut a insérées dans les Annales médico-psychologiques (t. I, p. 179), et dans lesquelles cet éminent médecin n'a trouvé aucune trace de ramollissement ou de formation de lai sses membranes Je doute que cet observateur distingué ait voulu tirer de ces faits les conclusions qu'on lui prête.

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