‹ Traité des maladies mentaleChapitre 33 sur 500 · ALIÉNATION DANS L 'ANTIQUITÉ. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ALIÉNATION DANS L 'ANTIQUITÉ. — TRAITEMENT

ses formes diverses ; voyons maintenant quelles étaient leurs idées sur le traitement, et le parti qu'il nous est possible d'en tirer dans l'intérêt de nos propres études.

§ V. — Du traitement de l'aliénation mentale cher les grands médecins de l'antiquité. Influence des doctrines philosophiques. Traitement physique. Traitement moral.

Hippocrate, comme nous l'avons vu, sépare complètement la médecine de la philosophie. Ses doctrines sont la réaction la plus complète contre les croyances des temps antérieurs, où l'on avait coutume, d'après les propres expressions de Celse, d'attribuer les maladies à la colère des dieux, et d'implorer leur secours pour la guérison.

Mais cette réaction, si puissante qu'elle fût, ne pouvait effacer complètement le souvenir de l'époque, où, d'après l'auteur que je viens de citer, on regardait la médecine comme une partie de la philosophie, tellement que l'art de guérir et l'étude de la nature étaient également l'objet des philosophes. Toutefois, si le père de la médecine a pu, pour ce qui le regarde, secouer complètement les préjugés anciens, et s'en tenir, dans le traitement de l'aliénation, aux purgatifs, aux bains, aux saignées et à tout ce qui était employé contre les autres maladies, on peut dire que l'influence des doctrines philosophiques pesait de tout son poids sur la direction des idées d'autres médecins également célèbres dans l'art de soigner les aliénés, et qui sont de beaucoup postérieurs à Hippocrate. Je ne citerai que Ctelius Aurelianus, dont le traitement moral peut être regardé comme la mise en pratique des aspirations médicales de la fin du xvmc siècle. Pinel, inaugurant en France une ère nouvelle de progrès en faveur des aliénés, n'a pas été mieux inspiré que cet illustre médecin, dont nous allons citer dans un instant les idées en thérapeutique mentale.

Quelques courtes considérations sur les traitements employés contre l'aliénation avant l'époque d'Hippocrate nous serviront d'entrée en matière (1).

A l'origine des sociétés, l'idée que l'on se faisait des aliénés dominait, on peut' le dire, toute la thérapeutique des maladies mentales, et cette thérapeutique se trouvait nécessairement entre les mains des prêtres, les

(1) .le ne puis, dans ce simple résumé historique, exposer clans leurs détails les méthodes curatives des anciens dans telle ou telle variété des maladies mentales, .le ne fais qu'indiquer ici l'esprit qui les guidait dans leur pratique, me réservant des indications plus précises lorsque j'aurai à discuter pour mon propre compte la valeur des moyens thérapeutiques à employer contre les formes de l'aliénation qui feront le sujet de cet ouvrage .

Page 1