‹ Traité des maladies mentaleChapitre 337 sur 500 · IU1S0N PHYSIO^OGICO-PSYCHOLOGIQUE DES DIFFERENCES OBSERVÉES · texte numérisé non relu

IU1S0N PHYSIO^OGICO-PSYCHOLOGIQUE DES DIFFERENCES OBSERVÉES

génération des faits pathologiques et à les rapporter à leur véritable origine. L'élément héréditaire a surtout le privilège d'imprimer aux aetes maladifs un cachet qu'il est impossible de méconnaître.

Le but d'activité sociale de la femme rend nécessairement son existence plus casanière. L'éducation ne développe pas ordinairement chez elle les mêmes idées ambitieuses, les mêmes tendances à jouer un rôle dans le monde, et à préférer, comme ce malade à type de folie héréditaire dont j'ai produit l'observation, la notoriété que donnent des actes extravagants, ridicules, à l'obscurité qui est l'apanage des existences paisibles et modestes. On aurait tort cependant de croire que les conditions maladives imprimées à la femme par les transmissions héréditaires la rendent complètement exempte de ces manifestations excentriques que nous avons signalées; seulement il est juste de dire qu'elles revêtent un caractère spécial en rapport avec les qualités et les défauts inhérents à la nature féminine. J'en ai déjà cité un exemple remarquable (1) ; je vais corroborer cette donnée pathologique par quelques autres que je choisis au milieu des faits sans nombre que j'ai observés sur une échelle immense.

Observations de tendances maladives d'excentricités, de délires dans les actes, développées chez les femmes sous l'influence de l'élément héréditaire.

1° Madame Charlotte P..., fille unique d'une mère aliénée, montra de bonne heure des dispositions excentriques, favorisées plutôt que contrariées par des parents trop indulgents qui cédèrent en tous points aux goûts et aux caprices de leur enfant. Son éducation fut plutôt celle d'un jeune homme ardent, libre de diriger à volonté la fougue de ses mouvements, que celle d'une personne de son sexe. Elle accompagnait son père à la chasse, et ne craignait pas de boire des liqueurs fortes ; elle s'habillait en homme pour enfourcher les chevaux de la ferme où résidait sa famille, et faire des courses échevelées à travers les campagnes. Elle brillait dans les exercices du corps, et la nature semblait s'être trompée de sexe à son égard. Mariée vers l'âge de dix-neuf ou vingt ans, Charlotte ne tarda pas à donner des preuves de véritable folie. Elle quittait son mari sous le moindre prétexte pour aller chez des parents, des amis ou des inconnus ; elle prétextait des mauvais traitements imaginaires, et fabriquait elle-même des lettres renfermant des déclarations d'un amour excen-

(1) Page 538, où il s'agit d'une dame, fille d'une mère érbtique, sujette elle-même à des excentricités spéciales, et dont tius les enfants révélèrent les caractères pathologiques de l'ordre intellectuel et moral propres aux aliénés héréditaires.

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