DUKEE CONSIDÉRABLE DES PÉRIODES D* AGITATION ET DE RÉMITTENCE
dehors et delever ses enfants, en raison d'un besoin maladif de changement de lieu, d'une indifférence complète pour les siens, d'un véritable trouble des sentiments qui ne peut qu'exercer une action funeste sur la santé des enfants. Prédominance actuelle d'idées hypochoudriaques ; la malade croit avoir toutes sortes de maladies. Il est vrai que son tempérament est épuisé. Au dehors elle suivait les régimes les plus excentriques, l'hygiène la plus désastreuse. Ici elle cherche à se soustraire à ce qui lui est prescrit dans l'intérêt de sa santé. Le désordre i est aussi complet dans ses idées que dans ses actes. Si on ne la surveillait I incessamment, elle se laisserait aller à un véritable état de dégradation physique pour ce qui regarde les habitudes et l'hygiène propre à la femme. Elle n'a ni prévision, ni préoccupation, ni souci de l'avenir; son esprit s'affaiblit de plus en plus, et, maigre les apparences extérieures de raison quand cette malade est mise en présence des magistrats, je n'hésite pas à conclure que la démence est imminente, et que cette femme est vouée à l'incurabilité.
3° Les périodes de rémittence sont quelquefois d'une durée incroyable chez les malades de cette catégorie, et alternent avec des phases très longues d'agitation, ou tout au moins avec des troubles notoires dans l'exercice des facultés intellectuelles ou affectives.
Madame X..., née d'une mère aliénée, présenta dans son enfance et sa première jeunesse des dispositions intellectuelles remarquables. A seize ans, elle concourut, à l'insu de ses parents, pour une question de littérature posée par une Académie de province, et remporta le prix. Mariée à dix-huit ans, elle tomba progressivement dans une torpeur très grande et dans un anéantissement singulier. Elle était indifférente atout, et ne s'occupait pas plus des intérêts de sa maison que de l'éducation de ses enfants. On la voyait, dans le comptoir de son mari, qui était commerçant, répondre avec indifférence aux acheteurs ; elle ne se donnait pas la peine de discuter le prix des marchandises ou d'exciter les désirs des clients. Tout le monde s'était accoutumé à cet état d'apathie extrême, et personne ne pouvait regarder cette situation comme une période de rémittence. Mais la scène va changer, et nous allons assister à l'évolution d'un ordre nouveau de phénomènes pathologiques, ainsi que cela s'observe dans la folie héréditaire.
On ne tarde pas à s'apercevoir que les mouvements de madame X... deviennent plus actifs et que son mutisme habituel fait place à une expansion plus grande des sentiments. Bientôt elle ne peut rester en place, et son babil devient intarissable. Les phénomènes d'excitation prennent sur ces entrefaites une proportion telle, qu'on est obligé d'isoler la malade