‹ Traité des maladies mentaleChapitre 341 sur 500 · DÉPRAVATION EXTRÊME DU SENS MORAL CHEZ DES FEMMES · texte numérisé non relu

DÉPRAVATION EXTRÊME DU SENS MORAL CHEZ DES FEMMES

croyait destinée à être renfermée vivante dans une chaudière bouillante. Le frère de sa mère, un médecin, vivait dans des craintes continuelles, et se disait condamné à périr du supplice de la croix ; on devait, en outre, lui verser du plomb fondu dans la tête. Notre malade a été tourmentée toute sa vie par un état d'impressionnabilité douloureuse, et, à l'en croire, elle n'avait d'autre perspective que de finir sur un bûcher, comme sorcière et possédée du diable. [Sensations internes des kypochondrmques.)

5" Enfin, on se tromperait grandement, si l'on croyait qu'en raison de leur sensibilité plus exquise, de leur éducation, de leur but d'activité sociale plus restreint et plus spécialement consacré à la vie de famille, les femmes sont moins sujettes que les hommes à ces manifestations délirantes des actes dont j'ai donné déjà des exemples, et dont la perversité atteint parfois les dernières limites de ce que l'imagination peut concevoir. Ces faits déplorables s'observent également dans les deux sexes, et se révèlent parfois avec une intensité et une perversité plus grandes chez les femmes. Les affections spéciales des centres nerveux, les transmissions héréditaires de mauvaise nature retentissent d'une manière non moins fatale sur leurs facultés intellectuelles et affectives.

J'ai en ce moment même sous les yeux des exemples de ces situations anormales bien propres à faire réfléchir le médecin, le philosophe et le législateur. Ils nous sont donnés par des femmes qui, dans leurs exacerbations périodiques, manifestent les plus mauvaises tendances du cœur humain. Leurs cris, leur agitation, ne sont rien en présence de leurs instincts de destruction et des tendances immondes qui les ravalent audessous des plus vils animaux. Les aliénées qui nous présentent ces tristes phénomènes ont le plus ordinairement été condamnées à des peines afflictives. C'est dans l'état de vagabondage créé par la maladie, que la justice humaine s'est emparée de ces malheureuses qui, en raison de leurs instincts maladifs, se livraient périodiquement à la fainéantise, au vol, à l'ivrognerie. Quelques-unes, sans commettre aucun de ces actes répréhensibles, étaient incitées, poussées, comme elles disent, à quitter leurs maris, leurs enfants, leur famille, et à changer de milieu sans but préconçu. L'observation n'a pas tardé à nous apprendre que ces femmes descendaient par voie héréditaire de parents aliénés ou ivrognes, ou bien encore d'un père ou d'une mère qui avaient déjà été condamnés à des peines affliclives. Dans d'autres circonstances, les ascendants s'étaient fait remarquer par la faiblesse congénitale de leur intelligence.

Je ne saurais oublier l'état de fureur extrême, avec manifestation des plus mauvaises tendances instinctives, dans lequel a succombé, dans notre

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