‹ Traité des maladies mentaleChapitre 347 sur 500 · COORDINATION DES PHÉNOMÈNES PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

COORDINATION DES PHÉNOMÈNES PATHOLOGIQUES

de leur état pathologique sont les mêmes (1). La coordination générale des phénomènes pathologiques qui résultent des transmissions héréditaires nous amènera non-seulement à donner aux êtres désignés sous les noms d'imbéciles, d'idiots et de crétins la place qui leur convient parmi les êtres dégénérés dont les affections doivent être étudiées jusque dans les conditions intimes de la vie fœtale, mais elle aura encore une autre conséquence. Elle nous permettra de classer une foule d'autres variétés maladives dont les caractères, on ne peut plus complexes, se déduisent et de l'hérédité et des maladies de l'enfance, sans compter les influences physiques ou morales du monde extérieur qui s'opposent au développement normal de l'espèce et qui la font dégénérer,

§ Ier, — Coordination des phénomènes pathologiques appartenant aux diverses classes de folies héréditaires. Diagnostic différentiel.

Diagnostic des diverses variétés de folies héréditaires ; caractères

spéciaux. — Tous les aliénés appartenant aux diverses variétés des folies héréditaires se reconnaissent à des signes qui impliquent un élément de dégénérescence dans l'espèce éminemment transmissible par génération

(1) Dans le nouvel ouvrage de M. le docteur Moreau, de Tours (Psychologie morbide, etc.), cette idée est poussée jusque dans ses dernières limites. Voici comment s'exprime ce savant observateur : « Dans la forme, dans leurs caractères sensibles, l'idiotie et la folie diffèrent si profondément entre elles, que l'on se persuadera difficilement que ces deux maladies puissent avoir la même origine, dépendre des mêmes causes. Excès de vitalité, exagération, perturbation des fonctions intellectuelles et motrices, d'une part; de l'autre, amoindrissement quelquefois presque complet de ces mêmes forces, de celte vitalité.... Comment des effets aussi divers découleraient-ils d'une même source ? La difficulté n'est qu'apparente. La variété des effets n'implique pas de différence dans la nature de la cause ; elle tient à ce que cette cause exerce son action à des époques différentes du développement physique et moral de l'être humain qu'elle modifie. Avant la naissance, sur le fœtus, la cause pathogénique peut aller jusqu'à arrêter plus ou moins l'évolution des facultés dont l'ensemble constitue ce que l'on a appelé la vie de relation. On conçoit que son influence diminue à mesure qu'elle s'exerce à une époque éloignée de la naissance, et que ses effets se rapprochent davantage de la folie proprement dite. »

<< Ainsi donc, en présence des faits que nous révèle l'hérédité, de la quantité vraiment prodigieuse d'états nerveux de toute sorte que l'on observe chez les ascendants des idiots et des imbéciles, aussi bien que dans le lignage des aliénés et des épileptiques, il est impossible, malgré la différence des caractères symptomatologiques, de ne pas admettre qu'idiots et imbéciles , aliénés et épileptiques, naissent et se développent sous les mêmes influences, comme effets d'une même cause, comme les rameaux d'un même tronc. » (Moreau, omit, cit., p. 53.)

J'ajouterai seulement que la spécificité de ces diverses causes est telle, qu'il résulte, pour les rameaux de ce même tron", des caractères pathologiques divers. Ce sont ces caractères qui nous permettent précisément de classer les différentes variétés maladives selon la diversité des causes.

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