FOLIES HÉRÉDITAIRES. — DIAGNOSTIC
ultérieure. On dirait qu'il suffit à l'individu d'être entaché d'hérédité maladive à un degré quelconque pour qu'il présente un ou plusieurs des caractères propres aux folies héréditaires.
Depuis la simple excentricité dans les actes, la bizarrerie des idées, les diverses anomalies des sentiments, jusqu'à cet état qui, jusqu'à un certain point, sépare l'individu pensant de ceux de son espèce, et en fait un être à part (Wto; , solitarius), il existe des degrés qui nous ont permis d'établir plusieurs catégories, variétés, ou classes d'aliénations héréditaires.
Toutes ces différentes classes se rattachent à la folie, prise dans son acception absolue, par des caractères généraux ; elles se distinguent des autres formes de la folie par des caractères spéciaux.
Les caractères généraux sont le délire, qui consiste dans le trouble des idées et des sentiments, ainsi que l'irresponsabilité qui en est la suite. Les symptômes pathologiques se résument pareillement dans des phénomènes d'anesthésie et d'hyperesthésie, dans les hallucinations, les troubles des fonctions sensoriales, dans les périodes alternantes d'excitation, de dépression, de stupeur propres aux différentes formes d'aliénation.
Les caractères spéciaux, ainsi que je les ai déjà indiqués (p. 519), sont une explosion subite du délire sous l'influence de la moindre cause déterminante, une manifestation plus décidée et plus régulière des périodes alternantes et rémittentes avec les symptômes qui leur sont propres : excitation, dépression, stupeur. Dans nulle autre- forme, ai-je dit, on ne remarque chez les malades une tendance aussi grande à la systématisation de leurs idées délirantes, à la manifestation d'actes instinctivement mauvais, avec conservation apparente des facultés intellectuelles. La manie raisonnante, la folie morale, la folie sans délire, les diverses monomanies, trouvent dans les différentes classes des folies héréditaires leurs candidats les plus nombreux. Les individus excentriques, ceux qui se signalent par des tics, des habitudes ridicules, sont parfois solidaires de certaines dispositions névropathiques de leurs ascendants.
Lorsque dans l'examen d'un aliéné on remarquera, malgré le désordre général des idées et des sentiments, certaines dispositions intellectuelles extraordinaires, certaines aptitudes exceptionnelles, et pour ainsi dire intuitives, on aura l'attention éveillée sur les relations qui peuvent exister entre ces anomalies et les dispositions héréditaires léguées aux malades par leurs ascendants.
On prendra également en grande considération, au point de vue du diagnostic, les délires, qui consistent plutôt dans la perversion des actes que dans le trouble ou le désordre des idées. Il est indubitable que l'hérédité pèse dans la situation, lorsque ces actes se répètent à des