EXAMEN COMPARÉ DES PHENOMENES PATHOLOGIQUES
périodes déterminées, et lorsque, dans leurs rémissions, ils laissent comme plongé dans la torpeur, l'inaction, l'apathie, l'individu qui auparavant se signalait par son activité, par un état d'irritation perpétuelle et par la mobilité excessive de ses idées.
Ce que je dis de la conservation des facultés intellectuelles au milieu de pareils désordres des facultés affectives ne doit pas être pris à un point de vue absolu. Il n'est pas rare d'observer chez les individus héréditairement prédisposés à la folie, non-seulement une grande excentricité des idées, mais une aptitude excessive à délirer, par suite de la fausseté du jugement, de l'amour du paradoxe poussé jusqu'à la systématisation des théories les plus fausses et les plus absurdes.
Dans l'intérêt du diagnostic, on ne manquera pas non plus de faire la part qui revient à l'hypochondrie, à l'hystérie, à l'épilepsie et à d'autres états névropathiques, et même physiologiques, comme la grossesse, la menstruation, les lésions cérébrales idiopathiques à leur début. Dans la manifestation de certaines anomalies de l'intelligence et des sentiments, on aura recours à la même méthode pour expliquer la propension parfois irrésistible à des actes insolites, pervers, dangereux, entraînant la compromission des facultés intellectuelles. La même réflexion s'applique à l'intoxication alcoolique et autres phénomènes anormaux produits par les narcotiques. Sous l'influence de ces diverses causes il se manifeste aussi des délires instantanés ; il se commet des actes d'une perversité excessive; il se développe des instincts de mauvaise nature. Mais la connaissance plus intime des actes délirants dans leurs rapports avec ces dernières causes de folie nous amènera ultérieurement à des éléments de diagnostic différentiel qui ne laisseront aucun doute dans l'esprit des médecins.
Les éléments que puise le diagnostic des folies héréditaires dans les anomalies spéciales de l'intelligence et des sentiments que j'ai exposées avec tant de détails dans les observations particulières, ne seraient pas complets si on ne les corroborait par les indications qui se déduisent du tempérament nerveux des malades, de leurs dispositions névropathiques et des troubles spéciaux de leurs fonctions physiologiques.
J'ai eu soin de faire ressortir l'extrême irritabilité de tempérament de ces malades, la dépendance plus immédiate dans laquelle ils sont de toutes les influences du monde extérieur. Ils sont sujets à des névralgies plus ou moins douloureuses, à des tics involontaires dans quelques cas, comme la chorée générale ou partielle, le strabisme. Dans d'autres circonstances, leurs habitudes, leurs mœurs, leur manière de vivre, sont absurdes, irrégulières, ridicules ou dépravées. Ils ressentent de violentes migraines, et quelques-uns puisent dans les conditions de leurs ascendants