CARACTERE DES PHÉNOMÈNES PATHOLOGIQUES DANS LEURS RAPPORTS
la disposition aux congestions cérébrales, aux vertiges, aux étourdissements. Ils se signalent par des irrégularités extrêmes dans leurs fonctions i digestives, par des inappétences, par la manifestation de ces phénomènes si obscurs encore dans leur mode de production, que l'on a désignés sous les noms de sympathies et d'antipathies.
Les alternatives d'excitation et de dépression 'auxquelles ils sont plus spécialement sujets se produisent aussi bien dans la sphère des fonctions intellectuelles que dans celle des fonctions physiologiques. Tantôt on les | voit commettre les plus grands excès sans que leur santé paraisse en souffrir ; ils feront des veilles prolongées , boiront impunément des liqueurs fortes (1) et se livreront d'une manière effrénée aux plaisirs de I l'amour. Tantôt ils resteront comme accablés sous le moindre effort ' imposé à leurs fonctions organiques; ils auront des défaillances in-* croyables, se livreront aux plaintes exagérées des hypochondriaques, et analyseront d'une manière maladive les motifs et les résultats de leurs souffrances ; ils craindront de devenir aliénés.
Lorsqu'on parcourt les asiles, on est étonné des nombreuses défectuosités et irrégularités que présentent les têtes de certains malades. Ces anomalies et défectuosités dans la structure de la téte, tantôt petite et irrégulière, tantôt énorme et insymétrique, se reproduisent encore dans les traits du visage, dans la forme des oreilles, dans le défaut de coordination des mouvements musculaires (2), et lorsqu'on suit la marche progressive des dégénérescences humaines, dans les difformités corporelles, le rabougrissement de la taille et autres lésions organiques.
C'est le plus ordinairement dans les folies héréditaires que se retrouvent ces déviations du type normal de l'humanité qui sont pour moi l'indice irrécusable d'un état dégénératif dans l'espèce.
Les déviations extrêmes, ainsi qu'on les observe chez les idiots, les crétins et autres variétés maladives, dénotent la plus haute expression des transmissions héréditaires de mauvaise nature. Tantôt la transition
(1) J'ai vu de ces aliénés héréditaires se livrer, dans le paroxysme de leur maladie, à des excès ébrieux incroyables, sans ressentir les symptômes propres à l'intoxication alcoolique : ces tendances à la boisson ne constituent pas, à proprement parler, l'état mental que les auteurs ont désigné sous le nom de dipsomanie, elles ne sont que périodiques. Dans les rémittences, les malades sont Soilreâ. Il est aussi certaines conditions physiologiques ou pathologiques, je crois l'avoir signalé, qui s'accompagnent des mêmes perversions fonctionnelles : la grossesse, la menstruation, la chlorose, l'hystérie, etc.
(2) Voyez ce que j'ai dit à ce sujet : Symptômes fournis par l'habitude extérieure; attitude, physionomie, traits du visage, § 1, p. 275 à 282. — Des diverses déformations de ta tête et de ses annexes ; arrêts de développement ; indications symptomatiques qui peuvent s'en déduire, § it, p. 282 à 286.