AVEC LES DIVERSES CLASSES DES FOLIES HÉRÉDITAIRES
est instantanée, tantôt elle est le résultat de phénomènes pathologiques qui s'engendrent successivement, se commandent et se transmettent d'une génération à une autre.
Cette transmission successive et progressive (lorsque rien n'a été fait pour arrêter la marche des phénomènes pathologiques dépendant de l'hérédité) m'a engagé à établir, ainsi qu'on l'a vu, plusieurs classes de folies héréditaires. Cette classification ne repose pas sur le simple besoin de coordination des faits maladifs, elle est en rapport avec ce que nous apprend l'observation.
Nous avous étudié les folies héréditaires provenant tantôt de la simple exagération du tempérament nerveux des parents, tantôt de leur folie confirmée. Les résultats pour les descendants peuvent se maintenir dans les bornes de ce que l'on est convenu d'appeler originalités, excentricités, idées fixes. Dans d'autres circonstances la transmission est constituée par des actes similaires ; mais le plus ordinairement, grâce à l'enchaînement forcé des phénomènes propres aux maladies du système nerveux, la transmission se révèle par des états délirants à évolution progressive ; aussi cette situation pathologique nouvelle implique-t-elle une aliénation plus grave, plus complexe que celle qui a été observée chez les parents.
Dans une deuxième classe nous voyons les phénomènes de transmission héréditaire se dessiner sous une forme plus concrète, et se rapprocher d'un type dont les caractères congénitaux se révèlent dès la première enfance : c'est la classe des individus'où prédomine le délire des actes, et dont les folies systématiques se coordonnent, se perfectionnent, si je puis m'exprimer ainsi, jusqu'à la fin de l'existence. La démence n'est pas, il s'en faut, la terminaison rigoureuse, nécessaire, de ces sortes de folies héréditaires, et l'on voit les aliénés de cette catégorie mourir dans toute l'activité de leurs idées délirantes.
La troisième classe nous offre des dispositions instinctives et précoces pour le mal, et nous rend témoins de la transition à l'idiotisme le plus irrémédiable sous l'influence des moindres causes déterminantes.
Enfin, comme je le disais (p. 516), la progression allant toujours croissant, il nous est possible de suivre la succession et l'enchaînement des faits de transmission héréditaire jusque dans leurs dernières ramifications pathologiques, tant au point de vue des dégénérescences de l'ordre intellectuel et moral que des dégénérescences de l'ordre physiologique. Dans l'ordre intellectuel, nous voyons la faiblesse ou l'absence congénitale des facultés, ou tout au moins l'existence limitée de la vie intellectuelle; dans l'ordre physique, nous observons la surdi-mutité, et des infirmités de toutes sortes, telles que strabisme, hernies, pieds bots, exagération du